Ἀγαπημένα μας γαλλικά, φίλοι τῶν γαλλικῶν. Français chéri.

Πεζογραφία, ποίηση, γλώσσα και γραπτός λόγος, βιβλία.

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Re:Ἀγαπημένα μας γαλλικά, φίλοι τῶν γαλλικῶν.Français chéri.

Δημοσίευσηαπό ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ » Ιανουάριος 31st, 2016, 5:22 pm

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Avec...moi, qui ai 8 ans (au Phrum.gr),
et pour tous ceux de mon âge.
Μαζὺ μὲ...μένα, ποὺ εἶμαι 8 χρονῶν (γιὰ τὸ Φόρουμ.γκρ),
καὶ ὅλους τοὺς συνηλικιῶτες μου.


Εικόνα * Livres de jeunesse pour les enfants dès 8 ans.

Dès 8 ans, l’enfant à soif de découvertes et de connaissances. Les collections documentaires
telles que Dokéo+, Questions Réponses ou Philozenfants, sauront répondre à ses questions.
Et pour nourrir son imaginaire, la collection Nathan Poche ainsi que les romans cartonnés
lui feront découvrir des univers et des personnages hors du commun.

Εικόνα ~ Auteur: H. Montardre.
Illustrateur: E. Fagès
32 questions pour plonger au cœur des légendes et des mythes de la Grèce antique.
Pour savoir répondre par exemple à: Le pays des Dieux existe-t-il? Qui a dévoré ses enfants? Où a grandi Zeus?
Quel était le cadeau préféré d’Athéna? Pourquoi Délos est-elle célèbre?
32 questions pour découvrir les plus grandes légendes et mythes de la Grèce antique, avec l’histoire captivante
de ses dieux et héros… et pour coller ses parents!

Εικόνα ~ Auteur: R. Greenwood.
Traducteur E. De Galbert.
Répondre à toutes les questions des 6/8 ans, c'est important!
Christophe Colomb débarqua-t-il en Chine? Qui arriva le premier au pôle Nord? Quelle est l'origine du mot "kangou-
rou"? Avec des petits dessins très drôles pour compléter les infos, des questions insolites ou inattendues, venues
directement des enfants, des gros plans illustrés pour être au coeur du sujet.

Εικόνα ~ Auteur: D. Doyle.
Traducteur: E. De Galbert.
100 questions/réponses pour découvrir l'Ancien et le Nouveau Testaments.
Où vivaient Adam et Ève? Pourquoi Dieu demanda-t-il une arche à Noé? Comment David tua-t-il Goliath? Qui furent
les premiers à voir l'enfant Jésus? Quel miracle Jésus fit-il à Cana? Qu'est-ce que la Cène?...100 questions pour com-
prendre les moments et les personnages clés des Ancien et Nouveau Testaments.

Εικόνα ~ Auteur: S. Baussier.
Illustrateur: X. Mussat, O. Nadel.
Des questions concrètes et des réponses courtes, pour faire le tour d'un sujet!
Pourquoi dit-on que Léonard est un génie? A-t-il pu vivre de son art? Où a-t-il vécu? Quelle est son œuvre la plus
connue? A-t-il inventé des machines de guerre? Que sont devenus ses carnets?
Pour mieux comprendre: Une grande scène dans son atelier, une carte des endroits où il a vécu, une galerie de
portraits présentant ses mécènes, une analyse de la Joconde, des schémas présentant ses machines…

~ Et plusieurs autres titres.
Εἶμαι ὁ μεσιὲ Κλινοηδυεπὴς
ὡραῖος, ὀλέθριος.
Καί, ἡ τελευταία λέξη τῆς κλιν'-ἐρασμιότητος: :klino:
Περᾶστε τὸ ποντίκι σας πάνω στὴν εἰκόνα, τίποτ' ἄλλο δὲν σᾶς λέω!
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Εγγραφη: Ιανουάριος 31st, 2008, 11:31 pm
Τοποθεσια: Κλινοηδυεπὲς ΠαραΓατιανὸν ἀθηναϊκὸν κλεινὸν τέρας. Κλινοχαρής ἐπωνομασθεὶς Οἰδίνους!
Το μέλος ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ, σύμφωνα με τους όρους χρήσης που αποδέχτηκε κατά την εγγραφή του, φέρει την αποκλειστική ευθύνη της παραπάνω δημοσίευσης, των απόψεων/θέσεων που εκφράζονται μέσω αυτής, καθώς και την επιλογή συνδέσμων που τυχόν συμπεριλαμβάνονται. Για άμεση επικοινωνία με τον διαχειριστή του phorum.gr στο email: admin(@)phorum.gr

Re: Ἀγαπημένα μας γαλλικά, φίλοι τῶν γαλλικῶν. Français chér

Δημοσίευσηαπό ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ » Ιανουάριος 31st, 2016, 7:02 pm

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~~
... Γκυστὰβ Φλωμπέρ Εικόνα...Gustave Flaubert, (1821 – 1880).

Εικόνα * Χειρόγραφο τοῦ Φλωμπὲρ, πρὶν τὴν τελικὴ γραφὴ τῆς "Μαντὰμ Μποβαρύ".Εικόνα * Μυθιστόρημα, 1857.

~ «Ἡ Μαντὰμ Μποβαρὺ εἶμαι ἐγώ...» / «Madame Bovary, c'est moi», εἶπε ὁ Γκυστὰβ Φλωμπὲρ μόλις τελείωσε
τὴν συγγραφὴ τοῦ ἔργου του. Δηλώνοντας ἔτσι, ὅτι τὸ ἀποτέλεσμα ἦταν ἔργο τοῦ δικοῦ του μόχθου καὶ τῆς δι-
κῆς του φαντασίας.
~ 1971. Ἀνέλαβα νὰ μεταφράσω γιὰ τὶς ἐκδόσεις "Κλασικὰ Παπύρου" τὸ μυθιστόρημα, σπουδαστὴς ἀκόμα στὸ
Γαλλικὸ Ἰνστιτοῦτο Ἀθηνῶν.

Εικόνα * Εἶμαι ὁ τελευταῖος ἀριστερά, μὲ τὴν μαύρη μπλούζα.
.Ὁ καθηγητής μας κος Παῦλος Κωνσταντινίδης (οἱ παληοὶ γαλλομαθεῖς γνωρίζουν "τί αὐστηρὸς κι' ἀνάποδος"
κι' ἀπαιτητικὸς πολυβραβευμένος μεταφραστὴς ἦταν), δὲν πίστευε στὰ μάτια του. [Μὲ εἶχε ρωτήσει μὲ τί ἀσχο-
λοῦμαι.
- Μεταφράζω βιβλία, τοῦ εἶπα.
- Θὰ μοῦ φέρεις ἕνα δικό σου νὰ τὸ δῶ;
Καὶ τοῦ πῆγα τὴν "Μαντὰμ Μποβαρύ". Σὲ μία ἑβδομάδα μοῦ ἐπέστρεψε τὸ βιβλίο]:

ΕικόναΕικόνα
- Μὴν πᾶτε καὶ σεῖς καὶ κάνετε λογοτεχνικὲς μεταφράσεις. Αὐτός, ἆστε τον, ἔχει τὸν Διάολο μέσα του, εἶπε κατὰ λέ-
ξη στοὺς συμμαθητές μου τοῦ "Κοὺρ Σπεσιὰλ ντὲ Τραντυκτέρ", ὅ,τι ἀνώτερο σὲ τμῆμα σπουδῶν.
Μπορῶ κι' ἀγὼ, σὰν τὸν Φλωμπέρ, ὡς μεταφραστής στὰ ἑλληνικὰ, νὰ πῶ:
«Ἡ Μαντὰμ Μποβαρὺ εἶμαι ἐγώ...» Γιατί, ὄχι μόνον μεταδόθηκε καὶ στὸ Ραδιόφωνο, σὲ 14 συνέχειες τὸ 1986, ἀλλὰ
καί, ὥς τὰ σήμερα, οἱ σπουδαστὲς στὸ Τμῆμα Μεταφραστῶν Λογοτεχνίας τὸ μελετοῦν κάθε χρόνο καὶ κρίνουν πὼς
εἶναι ἡ καλλίτερη ἀπ' ὅλες τὶς ἑλληνικὲς μεταφράσεις τοῦ ἔργου.
Στὸ χειρόγραφό μου, στὸν Πάπυρο, δὲν ὑπάρχει οὔτε μία διόρθωση, οὔτε κἄν σὲ τελεία.
Καὶ ὁ κόσμος, τώρα, τὸ 2016, μὲ ἐπαινοῦν γιὰ τὰ "τέλεια" (σὲ εἰσαγωγικά ἀπὸ ἐμένα) ἑλληνικά μου, στὴν "Μαντὰμ
Μποβαρύ".
Πιὸ μεγάλη χαρὰ ἀπὸ μιὰν καλλιτεχνικὴ ἀναγνώριση δὲν θέλω.
Καὶ νὰ σκεφτεῖς, στὰ 14 μου χρόνια, ἔριχνα...- κάθε μέρα - ἀμέτρητες πασιέντσες, νὰ δῶ "ἄν θὰ μάθαινα ποτὲ γαλ-
λικά"!...

Μ' ἀρέσει ἀκόμη νὰ μαθαίνω. Κάθε μέρα, ὧρες καὶ ὧρες ἐφιερώνω στὴν Μάθηση. Τώρα, μάλιστα, ποὺ δὲν τρέχω γιὰ
βιοπάλη!
Στὰ γεράματα, νιώθω νὰ βρίσκω τὴν καλλίτερη νιότη μου.
Νὰ πῶ κι' αὐτό: εὐγνωμονῶ τὸ Διαδίκτυο ποὺ εἶναι ὅλος ὁ πλοῦτος μου.
* * *
Εικόνα
* Ἀντίστοιχο γαλλικὸ κείμενο,
Μέρος 2ο, τέλος 9ου Κεφαλαίου
καὶ 10ο Κεγάλαιο (ὁλόληρο):
Le jour commençait à paraître. Emma, de loin, reconnut la maison de son amant, dont les deux girouettes à queue-d’aronde
se découpaient en noir sur le crépuscule pâle.
Après la cour de la ferme, il y avait un corps de logis qui devait être le château. Elle y entra, comme si les murs, à son appro-
che, se fussent écartés d’eux-mêmes. Un grand escalier droit montait vers un corridor. Emma tourna la clenche d’une porte,
et tout à coup, au fond de la chambre, elle aperçut un homme qui dormait. C’était Rodolphe. Elle poussa un cri.
— Te voilà! te voilà! répétait-il. Comment as-tu fait pour venir?… Ah ! ta robe est mouillée!
— Je t’aime! répondit-elle en lui passant les bras autour du cou.
Cette première audace lui ayant réussi, chaque fois maintenant que Charles sortait de bonne heure, Emma s’habillait vite et
descendait à pas de loup le perron qui conduisait au bord de l’eau.
Mais, quand la planche aux vaches était levée, il fallait suivre les murs qui longeaient la rivière; la berge était glissante; elle
s’accrochait de la main, pour ne pas tomber, aux bouquets de ravenelles flétries.Puis elle prenait à travers des champs en la
bour, où elle enfonçait, trébuchait et empêtrait ses bottines minces.Son foulard, noué sur sa tête, s’agitait au vent dans les
herbages; elle avait peur des bœufs, elle se mettait à courir; elle arrivait essoufflée, les joues roses, et exhalant de toute sa
personne un frais parfum de sève, de verdure et de grand air. Rodolphe, à cette heure-là, dormait encore.C’était comme une
matinée de printemps qui entrait dans sa chambre.
Les rideaux jaunes, le long des fenêtres laissaient passer doucement une lourde lumière blonde. Emma tâtonnait en clignant
des yeux, tandis que les gouttes de rosée suspendues à ses bandeaux faisaient comme une auréole de topazes tout autour de
sa figure. Rodolphe, en riant, l’attirait à lui et il la prenait sur son cœur.
Ensuite, elle examinait l’appartement, elle ouvrait les tiroirs des meubles, elle se peignait avec son peigne et se regardait
dans le miroir à barbe. Souvent même, elle mettait entre ses dents le tuyau d’une grosse pipe qui était sur la table de nuit,
parmi des citrons et des morceaux de sucre, près d’une carafe d’eau.
Il leur fallait un bon quart d’heure pour les adieux. Alors Emma pleurait; elle aurait voulu ne jamais abandonner Rodolphe.
Quelque chose de plus fort qu’elle la poussait vers lui, si bien qu’un jour, la voyant survenir à l’improviste, il fronça le visage
comme quelqu’un de contrarié.
— Qu’as-tu donc? dit-elle. Souffres-tu? Parle-moi!
Enfin il déclara, d’un air sérieux, que ses visites devenaient imprudentes et qu’elle se compromettait.

...X

Peu à peu, ces craintes de Rodolphe la gagnèrent. L’amour l’avait enivrée d’abord, et elle n’avait songé à rien au delà. Mais,
à présent qu’il était indispensable à sa vie, elle craignait d’en perdre quelque chose, ou même qu’il ne fût troublé. Quand elle
s’en revenait de chez lui, elle jetait tout alentour des regards inquiets, épiant chaque forme qui passait à l’horizon et chaque
lucarne du village d’où l’on pouvait l’apercevoir. Elle écoutait les pas, les cris, le bruit des charrues; et elle s’arrêtait plus blê-
me et plus tremblante que les feuilles des peupliers qui se balançaient sur sa tête.
Un matin, qu’elle s’en retournait ainsi, elle crut distinguer tout à coup le long canon d’une carabine qui semblait la tenir en joue.
Il dépassait obliquement le bord d’un petit tonneau, à demi enfoui entre les herbes, sur la marge d’un fossé. Emma, prête à
défaillir de terreur, avança cependant, et un homme sortit du tonneau, comme ces diables à boudin qui se dressent du fond des
boîtes. Il avait des guêtres bouclées jusqu’aux genoux, sa casquette enfoncée jusqu’aux yeux, les lèvres grelottantes et le nez
rouge. C’était le capitaine Binet, à l’affût des canards sauvages.
— Vous auriez dû parler de loin! s’écria-t-il. Quand on aperçoit un fusil, il faut toujours avertir.
Le percepteur, par là, tâchait de dissimuler la crainte qu’il venait d’avoir; car, un arrêté préfectoral ayant interdit la chasse aux
canards autrement qu’en bateau, M. Binet, malgré son respect pour les lois, se trouvait en contravention.

[Συνεχίζει, à suivre].
Εἶμαι ὁ μεσιὲ Κλινοηδυεπὴς
ὡραῖος, ὀλέθριος.
Καί, ἡ τελευταία λέξη τῆς κλιν'-ἐρασμιότητος: :klino:
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Re: Ἀγαπημένα μας γαλλικά, φίλοι τῶν γαλλικῶν. Français chér

Δημοσίευσηαπό ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ » Φεβρουάριος 1st, 2016, 9:39 am

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~~
... Γκυστὰβ Φλωμπέρ Εικόνα...Gustave Flaubert, (1821 – 1880).
Συνέχεια .
* * *
Εικόνα * "Μαντὰμ Μποβαρύ", πρωτότυπο κείμενο
καὶ (δεῖγμα) μετάφραση Ἰάνη Λὸ Σκόκκο.
* Ἀντίστοιχο γαλλικὸ κείμενο,
10ο Κεγάλαιο, (συνέχεια):
Aussi croyait-il à chaque minute entendre arriver le garde champêtre. Mais cette inquiétude irritait son plaisir, et, tout seul
dans son tonneau, il s’applaudissait de son bonheur et de sa malice.
À la vue d’Emma, il parut soulagé d’un grand poids, et aussitôt, entamant la conversation:
— Il ne fait pas chaud, ça pique !
Emma ne répondit rien. Il poursuivit:
— Et vous voilà sortie de bien bonne heure?
— Oui, dit-elle en balbutiant; je viens de chez la nourrice où est mon enfant.
— Ah! fort bien! fort bien! Quant à moi, tel que vous me voyez, dès la pointe du jour je suis là; mais le temps est si crassi-
neux, qu’à moins d’avoir la plume juste au bout…
— Bonsoir, monsieur Binet, interrompit-elle en lui tournant les talons.
— Serviteur, madame, reprit-il d’un ton sec.
Et il rentra dans son tonneau.
Emma se repentit d’avoir quitté si brusquement le percepteur. Sans doute, il allait faire des conjectures défavorables. L’hi-
stoire de la nourrice était la pire excuse, tout le monde sachant bien à Yonville que la petite Bovary, depuis un an, était re-
venue chez ses parents. D’ailleurs, personne n’habitait aux environs ; ce chemin ne conduisait qu’à la Huchette; Binet donc
avait deviné d’où elle venait, et il ne se tairait pas, il bavarderait, c’était certain! Elle resta jusqu’au soir à se torturer l’es-
prit dans tous les projets de mensonges imaginables, et ayant sans cesse devant les yeux cet imbécile à carnassière.
Charles, après le dîner, la voyant soucieuse, voulut, par distraction, la conduire chez le pharmacien; et la première personne
qu’elle aperçut dans la pharmacie, ce fut encore lui, le percepteur! Il était debout devant le comptoir, éclairé par la lumière
du bocal rouge, et il disait:
— Donnez-moi, je vous prie, une demi-once de vitriol.
— Justin, cria l’apothicaire, apporte-nous l’acide sulfurique.
Puis, à Emma, qui voulait monter dans l’appartement de Mme Homais:
— Non, restez, ce n’est pas la peine, elle va descendre. Chauffez-vous au poêle en attendant…Excusez-moi…Bonjour, docteur
(car le pharmacien se plaisait beaucoup a prononcer ce mot docteur, comme si en l’adressant à un autre, il eût fait rejaillir sur
lui-même quelque chose de la pompe qu’il y trouvait)… Mais prends garde de renverser les mortiers! va plutôt chercher les
chaises de la petite salle; tu sais bien qu’on ne dérange pas les fauteuils du salon.
Et, pour remettre en place son fauteuil, Homais se précipitait hors du comptoir, quand Binet lui demanda une demi-once d’a-
cide de sucre.
— Acide de sucre? fit le pharmacien dédaigneusement. Je ne connais pas, j’ignore! Vous voulez peut-être de l’acide oxalique?
C’est oxalique, n’est-il pas vrai?
Binet expliqua qu’il avait besoin d’un mordant pour composer lui-même une eau de cuivre avec quoi dérouiller diverses garni-
tures de chasse. Emma tressaillit. Le pharmacien se mit à dire:
— En effet, le temps n’est pas propice, à cause de l’humidité.
— Cependant, reprit le percepteur d’un air finaud, il y a des personnes qui s’en arrangent.
Elle étouffait.
— Donnez-moi encore…
— Il ne s’en ira donc jamais ! pensait-elle.
— Une demi-once d’arcanson et de térébenthine, quatre onces de cire jaune, et trois demi-onces de noir animal, s’il vous plaît,
pour nettoyer les cuirs vernis de mon équipement.
L’apothicaire commençait à tailler de la cire, quand Mme Homais parut avec Irma dans ses bras, Napoléon à ses côtés et Atha-
lie qui la suivait. Elle alla s’asseoir sur le banc de velours contre la fenêtre, et le gamin s’accroupit sur un tabouret, tandis que
sa sœur aînée rôdait autour de la boîte à jujube, près de son petit papa. Celui-ci emplissait des entonnoirs et bouchait des fla-
cons, il collait des étiquettes, il confectionnait des paquets. On se taisait autour de lui; et l’on entendait seulement de temps
à autre tinter les poids dans les balances, avec quelques paroles basses du pharmacien donnant des conseils à son élève.
— Comment va votre jeune personne? demanda tout à coup Mme Homais.
— Silence! exclama son mari, qui écrivait des chiffres sur le cahier de brouillons.
— Pourquoi ne l’avez-vous pas amenée? reprit-elle à demi-voix.
— Chut! chut! fit Emma en désignant du doigt l’apothicaire.
Mais Binet, tout entier à la lecture de l’addition, n’avait rien entendu probablement. Enfin il sortit. Alors Emma, débarrassée,
poussa un grand soupir.

[Συνεχίζει, à suivre].
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Re:Ἀγαπημένα μας γαλλικά, φίλοι τῶν γαλλικῶν.Français chéri.

Δημοσίευσηαπό ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ » Φεβρουάριος 2nd, 2016, 8:38 am

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... Γκυστὰβ Φλωμπέρ Εικόνα...Gustave Flaubert, (1821 – 1880).
Συνέχεια .
* * *
Εικόνα ~ Πρωτότυπο κείμενο...
...καὶ (δεῖγμα) μετάφραση: Ἰάνη Λὸ Σκόκκο.
* Ἀντίστοιχο γαλλικὸ κείμενο,
10ο Κεγάλαιο, (συνέχεια):
— Comme vous respirez fort! dit Mme Homais.
— Ah! c’est qu’il fait un peu chaud, répondit-elle.
Ils avisèrent donc, le lendemain, à organiser leurs rendez-vous; Emma voulait corrompre sa servante par un cadeau; mais
il eût mieux valu découvrir à Yonville quelque maison discrète. Rodolphe promit d’en chercher une.
Pendant tout l’hiver, trois ou quatre fois la semaine, à la nuit noire, il arrivait dans le jardin. Emma, tout exprès, avait re-
tiré la clef de la barrière, que Charles crut perdue.
Pour l’avertir, Rodolphe jetait contre les persiennes une poignée de sable. Elle se levait en sursaut; mais quelquefois il lui
fallait attendre, car Charles avait la manie de bavarder au coin du feu, et il n’en finissait pas.Elle se dévorait d’impatience;
si ses yeux l’avaient pu, ils l’eussent fait sauter par les fenêtres. Enfin, elle commençait sa toilette de nuit; puis, elle pre-
nait un livre et continuait à lire fort tranquillement, comme si la lecture l’eût amusée. Mais Charles, qui était au lit, l’appe-
lait pour se coucher.
— Viens donc, Emma, disait-il, il est temps.
— Oui, j’y vais! répondait-elle.
Cependant, comme les bougies l’éblouissaient, il se tournait vers le mur et s’endormait. Elle s’échappait en retenant son ha-
leine, souriante, palpitante, déshabillée.
Rodolphe avait un grand manteau; il l’en enveloppait tout entière, et, passant le bras autour de sa taille, il l’entraînait sans
parler jusqu’au fond du jardin.
C’était sous la tonnelle, sur ce même banc de bâtons pourris où autrefois Léon la regardait si amoureusement,durant les soirs
d’été. Elle ne pensait guère à lui maintenant.
Les étoiles brillaient à travers les branches du jasmin sans feuilles. Ils entendaient derrière eux la rivière qui coulait, et, de
temps à autre, sur la berge, le claquement des roseaux secs.Des massifs d’ombre, çà et là, se bombaient dans l’obscurité, et
parfois, frissonnant tous d’un seul mouvement, ils se dressaient et se penchaient comme d’immenses vagues noires qui se
fussent avancées pour les recouvrir. Le froid de la nuit les faisait s’étreindre davantage; les soupirs de leurs lèvres leur sem-
blaient plus forts; leurs yeux, qu’ils entrevoyaient à peine, leur paraissaient plus grands, et, au milieu du silence, il y avait des
paroles dites tout bas qui tombaient sur leur âme avec une sonorité cristalline et qui s’y répercutaient en vibrations multipliées.
Lorsque la nuit était pluvieuse, ils s’allaient réfugier dans le cabinet aux consultations, entre le hangar et l’écurie. Elle allumait
un des flambeaux de la cuisine, qu’elle avait caché derrière les livres. Rodolphe s’installait là comme chez lui. La vue de la bi-
bliothèque et du bureau, de tout l’appartement enfin, excitait sa gaieté; et il ne pouvait se retenir de faire sur Charles quanti-
té de plaisanteries qui embarrassaient Emma.Elle eût désiré le voir plus sérieux, et même plus dramatique à l’occasion, comme
cette fois où elle crut entendre dans l’allée un bruit de pas qui s’approchaient.
— On vient! dit-elle.
Il souffla la lumière.
— As-tu tes pistolets?
— Pourquoi?
— Mais… pour te défendre, reprit Emma.
— Est-ce de ton mari? Ah ! le pauvre garçon!
Et Rodolphe acheva sa phrase avec un geste qui signifiait: «Je l’écraserais d’une chiquenaude.»
Elle fut ébahie de sa bravoure, bien qu’elle y sentît une sorte d’indélicatesse et de grossièreté naïve qui la scandalisa.
Rodolphe réfléchit beaucoup à cette histoire de pistolets. Si elle avait parlé sérieusement, cela était fort ridicule, pensait-il,
odieux même, car il n’avait, lui, aucune raison de haïr ce bon Charles, n’étant pas ce qui s’appelle dévoré de jalousie; — et, à
ce propos, Emma lui avait fait un grand serment qu’il ne trouvait pas non plus du meilleur goût.
D’ailleurs, elle devenait bien sentimentale. Il avait fallu échanger des miniatures, on s’était coupé des poignées de cheveux, et
elle demandait à présent une bague, un véritable anneau de mariage, en signe d’alliance éternelle. Souvent elle lui parlait des
cloches du soir ou des voix de la nature ; puis elle l’entretenait de sa mère, à elle, et de sa mère, à lui. Rodolphe l’avait perdue
depuis vingt ans. Emma, néanmoins, l’en consolait avec des mièvreries de langage, comme on eût fait à un marmot abandonné,
et même lui disait quelquefois, en regardant la lune:
— Je suis sûre que là-haut, ensemble, elles approuvent notre amour.
Mais elle était si jolie ! il en avait possédé si peu d’une candeur pareille! Cet amour sans libertinage était pour lui quelque chose
de nouveau, et qui, le sortant de ses habitudes faciles, caressait à la fois son orgueil et sa sensualité. L’exaltation d’Emma, que
son bon sens bourgeois dédaignait, lui semblait au fond du cœur charmante, puisqu’elle s’adressait à sa personne. Alors, sûr d’
être aimé, il ne se gêna pas, et insensiblement ses façons changèrent.

Συνεχίζει, à suivre].


~~ Εικόνα ~ Ἡ πρώτη ἔκδοσις, 1857.
Εικόνα ~ Ἡ Ἰζαμπὲλ Ὑπέρ, ὡς "Μαντὰμ Μποβαρύ" στὸν κινηματογράφο, 1991.
~~
Εικόνα ~ Ὁ τάφος τῆς Ντελφὶν Ντελαμάρ, τῆς πραγματικῆς Μαντὰμ Μποβαρύ.
=====
Résumé/Περίληψη τοῦ μυθιστορήματος.
Un jeune homme médiocre et laborieux devient finalement médecin: Charles Bovary épouse en secondes noces Emma Rouault.
Cette jeune fille croit trouver dans le mariage les félicités romanesques qu’elle avait jusqu’alors rêvées. Mais la médiocrité de
son époux, de son entourage, à Tostes, puis à Yonville, lui fait perdre toute énergie.Elle se jette alors avec fougue dans la pas-
sion qu’elle éprouve pour Léon, un jeune clerc de notaire. Après le départ de Léon, elle rencontre Rodolphe, un dandy, qui pré-
fère bientôt l’abandonner à ses désirs exaltés et impérieux. Elle retrouve Léon, mais elle se lance dans des dépenses luxueuses,
et bientôt, accablée de dettes, de fatigue et de remords, elle se suicide à l’arsenic. Charles Bovary ne tarde pas à la suivre dans
la mort, laissant orpheline la petite Berthe.

* * *
~ Μπορεῖτε ἐδῶ: http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/B ... cueil.html νὰ δεῖτε καὶ νὰ διαβάσετε σὲ Σινε-Ρομάτζο ὁλόκληρο τὸ μυ-
θιστόρημα.
(Ce roman-photo, paru en seize épisodes du 18 mars au 4 juillet 1979,
est présenté avec l'aimable autorisation du magazine: Femmes d'aujourd'hui
~ Καὶ ἐδῶ: http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/B ... cueil.html τὴν θεατρικὴ διασκευὴ τοῦ Γκαστὸν Μπατύ/Gaston Baty.
(Adaptation théâtrale de « Madame Bovary »
par Gaston Baty (1936).
Τὸ ἔργο ἀνέβηκε στὴν ἑλληνικὴ σκηνή, μὲ τεράστια ἐπιτυχία, ἀπὸ τὴν Μαρίκα Κοτοπούλη.
Εἶμαι ὁ μεσιὲ Κλινοηδυεπὴς
ὡραῖος, ὀλέθριος.
Καί, ἡ τελευταία λέξη τῆς κλιν'-ἐρασμιότητος: :klino:
Περᾶστε τὸ ποντίκι σας πάνω στὴν εἰκόνα, τίποτ' ἄλλο δὲν σᾶς λέω!
Άβαταρ μέλους
ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ
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Δημοσ.: 31546
Εγγραφη: Ιανουάριος 31st, 2008, 11:31 pm
Τοποθεσια: Κλινοηδυεπὲς ΠαραΓατιανὸν ἀθηναϊκὸν κλεινὸν τέρας. Κλινοχαρής ἐπωνομασθεὶς Οἰδίνους!
Το μέλος ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ, σύμφωνα με τους όρους χρήσης που αποδέχτηκε κατά την εγγραφή του, φέρει την αποκλειστική ευθύνη της παραπάνω δημοσίευσης, των απόψεων/θέσεων που εκφράζονται μέσω αυτής, καθώς και την επιλογή συνδέσμων που τυχόν συμπεριλαμβάνονται. Για άμεση επικοινωνία με τον διαχειριστή του phorum.gr στο email: admin(@)phorum.gr

Re: Ἀγαπημένα μας γαλλικά, φίλοι τῶν γαλλικῶν. Français chér

Δημοσίευσηαπό ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ » Φεβρουάριος 3rd, 2016, 8:53 am

Εικόνα
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ΕικόναΕικόνα
~~
* Γκυστὰβ Φλωμπέρ

Εικόνα...Gustave Flaubert, (1821 – 1880).
Συνέχεια .
* * *
Εικόνα ~ "Μαντὰμ Μποβαρύ", πρωτότυπο κείμενο
καὶ (δεῖγμα) μετάφραση Ἰάνη Λὸ Σκόκκο.
* Ἀντίστοιχο γαλλικὸ κείμενο,
10ο Κεγάλαιο, (συνέχεια):
Ιl n’avait plus, comme autrefois, de ces mots si doux qui la faisaient pleurer, ni de ces véhémentes caresses qui la
rendaient folle; si bien que leur grand amour, où elle vivait plongée, parut se diminuer sous elle, comme l’eau d’un
fleuve qui s’absorberait dans son lit, et elle aperçut la vase. Elle n’y voulut pas croire ; elle redoubla de tendresse;
et Rodolphe, de moins en moins, cacha son indifférence.
Elle ne savait pas si elle regrettait de lui avoir cédé, ou si elle ne souhaitait point, au contraire, le chérir davantage.
L’humiliation de se sentir faible se tournait en une rancune que les voluptés tempéraient.Ce n’était pas de l’attache-
ment, c’était comme une séduction permanente. Il la subjuguait. Elle en avait presque peur.
.Les apparences, néanmoins, étaient plus calmes que jamais, Rodolphe ayant réussi à conduire l’adultère selon sa
fantaisie; et, au bout de six mois, quand le printemps arriva, ils se trouvaient, l’un vis-à-vis de l’autre, comme deux
mariés qui entretiennent tranquillement une flamme domestique.
C’était l’époque où le père Rouault envoyait son dinde, en souvenir de sa jambe remise. Le cadeau arrivait toujours
avec une lettre. Emma coupa la corde qui la retenait au panier, et lut les lignes suivantes:
« Mes chèrs Enfants,
.«J’espère que la présente vous trouvera en bonne santé et que celui-là vaudra bien les autres; car il me semble un
peu plus mollet, si j’ose dire, et plus massif. Mais, la prochaine fois, par changement, je vous donnerai un coq, à
moins que vous ne teniez de préférence aux picots; et renvoyez-moi la bourriche, s’il vous plaît, avec les deux an-
ciennes. J’ai eu un malheur à ma charretterie, dont la couverture, une nuit qu’il ventait fort, s’est envolée dans les
arbres. La récolte non plus n’a pas été trop fameuse. Enfin; je ne sais pas quand j’irai vous voir.Ça m’est tellement
difficile de quitter maintenant la maison, depuis que je suis seul, ma pauvre Emma!»
Et il y avait ici un intervalle entre les lignes, comme si le bonhomme eût laissé tomber sa plume pour rêver quelque
temps.
«Quant à moi, je vais bien, sauf un rhume que j’ai attrapé l’autre jour à la foire d’Yvetot, où j’étais parti pour rete-
nir un berger, ayant mis le mien dehors, par suite de sa trop grande délicatesse de bouche. Comme on est à plaindre
avec tous ces brigands-là! Du reste, c’était aussi un malhonnête.
«J’ai appris d’un colporteur qui, voyageant cet hiver par votre pays, s’est fait arracher une dent, que Bovary travail-
lait toujours dur.Ça ne m’étonne pas, et il m’a montré sa dent; nous avons pris un café ensemble. Je lui ai demandé
s’il t’avait vue, il m’a dit que non, mais qu’il avait vu dans l’écurie deux animaux, d’où je conclus que le métier roule.
Tant mieux, mes chers enfants, et que le bon Dieu vous envoie tout le bonheur imaginable.
«Il me fait deuil de ne pas connaître encore ma bien-aimée petite-fille Berthe Bovary.J’ai planté pour elle, dans le jar-
din, sous ta chambre, un prunier de prunes d’avoine, et je ne veux pas qu’on y touche, si ce n’est pour lui faire plus
tard des compotes, que je garderai dans l’armoire, à son intention, quand elle viendra.
«Adieu, mes chers enfants. Je t’embrasse, ma fille; vous aussi, mon gendre, et la petite, sur les deux joues.
«Je suis, avec bien des compliments,
«Votre tendre père,
«Théodore Rouault. »
Elle resta quelques minutes à tenir entre ses doigts ce gros papier.Les fautes d’orthographe s’y enlaçaient les unes aux
autres, et Emma poursuivait la pensée douce qui caquetait tout au travers comme une poule à demi cachée dans une
haie d’épines. On avait séché l’écriture avec les cendres du foyer, car un peu de poussière grise glissa de la lettre sur
sa robe, et elle crut presque apercevoir son père se courbant vers l’âtre pour saisir les pincettes. Comme il y avait lon-
gtemps qu’elle n’était plus auprès de lui, sur l’escabeau, dans la cheminée, quand elle faisait brûler le bout d’un bâton
à la grande flamme des joncs marins qui pétillaient!… Elle se rappela des soirs d’été tout pleins de soleil. Les poulains
hennissaient quand on passait, et galopaient, galopaient…Il y avait sous sa fenêtre une ruche à miel, et quelquefois les
abeilles, tournoyant dans la lumière, frappaient contre les carreaux comme des balles d’or rebondissantes.Quel bonheur
dans ce temps-là! quelle liberté! quel espoir! quelle abondance d’illusions! Il n’en restait plus maintenant! Elle en avait
dépensé à toutes les aventures de son âme, par toutes les conditions successives, dans la virginité, dans le mariage et
dans l’amour; — les perdant ainsi continuellement le long de sa vie, comme un voyageur qui laisse quelque chose de sa
richesse à toutes les auberges de la route.
Mais qui donc la rendait si malheureuse?

[Στὸ ἑπόμενο τὸ τέλος τοῦ ἀφιερώματος, la prochaine fois la fin de cet hommage].
~~~~
Εικόνα ~ Ἡ Τζένιφερ Τζόουνς "Μαντὰμ Μποβαρύ", ταινία τοῦ 1949.
* * *
~ Ἡ δημοσίευση τῆς "Μαντὰμ Μποβαρὺ" προκάλεσε σκάνδαλο καὶ ὑπῆρξε αἰτία ποινικῆς δι΄βξεως γιὰ τὸν συγ-
γραφέα καὶ τὸν εκδότη. Ἀναγνωρίστηκε τελικὰ σὰν μιὰ ἀριστουργηματικὴ καὶ ἀκριβέστατη περιγραφὴ τῶν
ἠθῶν καὶ τῆς ζωῆς.
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Re: Ἀγαπημένα μας γαλλικά, φίλοι τῶν γαλλικῶν. Français chér

Δημοσίευσηαπό ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ » Φεβρουάριος 4th, 2016, 9:39 am

Εικόνα
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* Γκυστὰβ Φλωμπέρ

Εικόνα...Gustave Flaubert, (1821 – 1880).
Συνέχεια , τελευταία.
* * *
Εικόνα ~ "Μαντὰμ Μποβαρύ", πρωτότυπο κείμενο
καὶ μετάφραση Ἰάνη Λὸ Σκόκκο.
* Ἀντίστοιχο γαλλικὸ κείμενο, ἀπὸ τὸ Β΄Μέρος,
10ο Κεγάλαιο καὶ
ἕνα τμῆμα ἀπὸ τὸ 11ο Κεφάλαιο:
où était la catastrophe extraordinaire qui l’avait bouleversée? Et elle releva la tête, regardant autour d’elle, comme pour
hercher la cause de ce qui la faisait souffrir.
Un rayon d’avril chatoyait sur les porcelaines de l’étagère; le feu brûlait; elle sentait sous ses pantoufles la douceur du ta-
pis; le jour était blanc, l’atmosphère tiède, et elle entendit son enfant qui poussait des éclats de rire.
En effet, la petite fille se roulait alors sur le gazon, au milieu de l’herbe qu’on fanait. Elle était couchée à plat ventre, au
haut d’une meule.Sa bonne la retenait par la jupe. Lestiboudois ratissait à côté, et, chaque fois qu’il s’approchait, elle se
penchait en battant l’air de ses deux bras.
— Amenez-la-moi! dit sa mère se précipitant pour l’embrasser. Comme je t’aime, ma pauvre enfant ! comme je t’aime!
Puis, s’apercevant qu’elle avait le bout des oreilles un peu sale, elle sonna vite pour avoir de l’eau chaude, et la nettoya,
la changea de linge, de bas, de souliers, fit mille questions sur sa santé, comme au retour d’un voyage, et enfin, la bai-
sant encore et pleurant un peu, elle la remit aux mains de la domestique, qui restait fort ébahie devant cet excès de ten-
dresse.
Rodolphe, le soir, la trouva plus sérieuse que d’habitude.
— Cela se passera, jugea-t-il, c’est un caprice.
Et il manqua consécutivement à trois rendez-vous. Quand il revint, elle se montra froide et presque dédaigneuse.
— Ah ! tu perds ton temps, ma mignonne…
Et il eut l’air de ne point remarquer ses soupirs mélancoliques, ni le mouchoir qu’elle tirait.
C’est alors qu’Emma se repentit!
Elle se demanda même pourquoi donc elle exécrait Charles, et s’il n’eût pas été meilleur de le pouvoir aimer. Mais il n’of-
frait pas grande prise à ces retours du sentiment, si bien qu’elle demeurait fort embarrassée dans sa velléité de sacrifice,
lorsque l’apothicaire vint à propos lui fournir une occasion.

...ΧΙ

Il avait lu dernièrement l’éloge d’une nouvelle méthode pour la cure des pieds-bots; et comme il était partisan du progrès,
il conçut cette idée patriotique que Yonville, pour se mettre au niveau, devait avoir des opérations de stréphopodie.
— Car, disait-il à Emma, que risque-t-on? Examinez (et il énumérait, sur ses doigts, les avantages de la tentative); succès
presque certain, soulagement et embellissement du malade, célébrité vite acquise à l’opérateur. Pourquoi votre mari, par
exemple, ne voudrait-il pas débarrasser ce pauvre Hippolyte, du Lion d’or? Notez qu’il ne manquerait pas de raconter sa
guérison à tous les voyageurs, et puis(Homais baissait la voix et regardait autour de lui) qui donc m’empêcherait d’envoyer
au journal une petite note là-dessus? Eh ! mon Dieu! un article circule…, on en parle…, cela finit par faire la boule de neige!
Et qui sait? qui sait?
En effet, Bovary pouvait réussir; rien n’affirmait à Emma qu’il ne fût pas habile, et quelle satisfaction pour elle que de l’a-
voir engagé à une démarche d’où sa réputation et sa fortune se trouveraient accrues? Elle ne demandait qu’à s’appuyer sur
quelque chose de plus solide que l’amour.
Charles, sollicité par l’apothicaire et par elle, se laissa convaincre.Il fit venir de Rouen le volume du docteur Duval, et, tous
les soirs, se prenant la tête entre les mains, il s’enfonçait dans cette lecture.
Tandis qu’il étudiait les équins, les varus et les valgus, c’est-à-dire la stréphocatopodie, la stréphendopodie et la stréphexo-
podie (ou, pour parler mieux, les différentes déviations du pied, soit en bas, en dedans ou en dehors), avec la stréphypopo-
die et la stréphanopodie (autrement dit torsion en dessous et redressement en haut), M. Homais par toute sorte de raison-
nements, exhortait le garçon d’auberge à se faire opérer.
— À peine sentiras-tu, peut-être, une légère douleur; c’est une simple piqûre comme une petite saignée, moins que l’extir-
pation de certains cors.
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Re: Ἀγαπημένα μας γαλλικά, φίλοι τῶν γαλλικῶν. Français chér

Δημοσίευσηαπό ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ » Φεβρουάριος 4th, 2016, 11:14 am

ΕικόναΕικόνα

Εικόνα ~ 2e partie, chapitre 14: Μέρος Β΄, Κεφ. 14,
Rétablissement d’Emma (le voyage à Rouen), ταξεῖδι καὶ μετεγκατάσταση τῆς Ἔμμας στὴν Ρουέν.
Illustration de A. Richemont, εἰκονογράφηση Ἀ. Ρισμόν,
gravée à l'eau-forte par C. Chessa, σὲ χαλκογραφία τοῦ Σ. Σεσά,
Paris, F. Ferroud, 1905.

Εικόνα * Τὸ πρῶτο ἆρθρο τῆς ἐφημερίδας Λὲ Φιγκαρό
γιὰ τὴν "Μαντὰμ Μποβαρύ", στὶς 28 Ἰουνίου 1857.
~~
Article paru dans Le Figaro du 28 juin 1857.

Εικόνα . Madame Bovary, roman par M. Gustave Flaubert

«Mieux vaut tard que jamais», dit un proverbe complaisant, et je suis bien aise de le trouver tout à fait au moment où
je prends la plume pour dire un mot du roman de M. Gustave Flaubert.Les proverbes sont bien inventés; je leur promets
respect à l'avenir, particulièrement lorsqu'ils seront signés Musset ou Octave Feuillet.
[...] Dieu merci! Madame Bovary n'est plus une inconnue pour personne. Son irruption dans le monde a été si soudaine,
que le public entier s'est retourné au bruit de sa voix et au frôlement de sa robe. Surpris de ses façons d'agir, M. le pro-
cureur impérial l'a menée au juge, mais elle n'était pas femme à perdre ainsi son aplomb, elle a montré ses papiers, fait
viser son passeport par l'autorité compétente, et conquis son droit de cité définitif. Je n'ai donc plus à faire l'analyse mi-
nutieuse d'une action que les lecteurs ont suivie avec un grand intérêt. Je me bornerai à présenter quelques observations
qu'une lecture attentive ont fait surgir dans mon esprit.

M. Flaubert, en prenant la plume, a-t-il eu l'intention bien arrêtée d'écrire le roman que nous connaissons?
Et d'abord, M. Flaubert, en prenant la plume, a-t-il eu l'intention bien arrêtée d'écrire le roman que nous connaissons? Lor-
squ'il nous fait connaître ab ovo la vie de Charles Bovary, que durant les quatre premiers chapitres il le tourne et le retour-
ne sous nos yeux pour nous le faire bien connaître, qu'il le suit pas à pas, du collège à la Faculté, et le conduit de la salle
d'examen au lit conjugal dans lequel s'éteindra bientôt sa première femme, n'a-t-il pas en vue la monographie d'un méde-
cin de campagne?
Cette hypothèse prend dans mon esprit un nouveau caractère de certitude, lorsque du portrait de Charles je rapproche ce-
lui de l'apothicaire Homais, charlatan boursouflé, tartuffe voltairien, ambitieux sournois, dont toutes les démarches ten-
dent à ruiner dans l'esprit des paysans le crédit des médecins qui viennent exercer dans son village. Il est le seul qui reste
sur la brèche.
Ne vous semble-t-il pas que, dans la première intention de l'auteur, tout le drame ait dû exister dans l'antagonisme de ces
deux individualités l'officier de santé et le pharmacien?
Aussi ce dernier, avec quel soin il nous est présenté, avec quelle vigueur de pinceau il nous est décrit! Comme il tient bien
sur ses jambes! Comme c'est ça!
-Le connaissez- vous? Où n'y a-t-il pas un Homais? Et tandis que l'intrigant se dégage de mieux en mieux, Bovary, au con-
traire, s'efface et recule dans l'arrière-plan. On finit par ne plus l'apercevoir que par-dessus l'épaule de sa femme.

Emma Bovary l'héroïne du livre, n'entre en scène qu'au sixième chapitre.
.Cette dernière, Emma Bovary, deuxième du nom, l'héroïne du livre, n'entre en scène qu'au sixième chapitre, et lorsque la
veuve du charcutier Dubuc est passée de vie à trépas pour lui faire place.
Par tous ces motifs, à tort ou à raison, j'ai vu là deux actions dont l'une est restée à l'état rudimentaire, tandis que l'autre
a dévié ou grandi pour devenir sujet principal, d'épisode qu'elle était. Cette première indécision passée, voici enfin mada-
me Bovary qui entre en scène.
Mariée à ce grand nigaud, et tandis que,«la chair contente,» il ronfle à ses côtés, elle rêve à ces romans, à la poussière des-
quels elle a graissé ses mains de pensionnaire, elle récapitule ses aspirations de jeune fille, ses rêves de bonheur, ou plutôt
l'auteur le fait pour elle.Avec quelle vigueur, quelle ironie incisive, vous le savez déjà, et ce chapitre, à coup sûr, est un des
plus remarquables du livre.
Ainsi posée, dans quel milieu va-t-elle vivre? Voici à peu près. Autour d'elle se groupent en premier lieu son mari, l'idéal de
l'insignifiance, l'ineptie faite homme. Il digère, ronfle et chauffe ses pieds au feu, guérit par «miracle» et se trouve père un
beau matin, un dimanche, vers six heures, au soleil levant. Il n'en est pas étonné. Moi, beaucoup.

Rodolphe désire avoir madame Bovary, comme on souhaite une brioche après le pain noir.
Après lui se présente Rodolphe, le premier amant d'Emma. Celui-ci est un coq de village, beau fils, solide gaillard qui, après
avoir eu toutes les margotons de l'endroit, désire avoir madame Bovary, comme on souhaite une brioche après le pain noir.
Nature épaisse et brutale, tête creuse, poitrine sans cœur, ignoble assez pour abandonner platement la femme qu'il a séduite,
parce que la garder, «serait trop bête.»
Vient ensuite Léon, clerc de notaire.Celui-ci n'est pas conquérant, au contraire; il est conquis par Emma. Elle aime en lui ses
cheveux bien pommadés, ses ongles longs et taillés en amande. Il profite de l'aubaine, cela va de soi; mais dès qu'il lui faut
un peu de courage pour la conserver, il ouvre les bras, la couardise détend ses nerfs, et la pauvre femme retombe une secon-
de fois à terre, du poids de toute sa honte.
Ai-je dit pauvre femme? - Je ne m'en dédis pas.Au milieu de pareilles gens, et surtout après la poignée d'arsenic qu'elle avale
pour fuir le remords et la ruine, elle devient le seul personnage attachant du livre par suite des efforts inouïs qu'elle fait pour
éviter le destin; on lui accorde cet intérêt que l'on ne refuse pas à Catilina, dépensant son génie dans une œuvre infernale, et
mourant sur un monceau de cadavres ennemis, dans le champ de Pistoria.
Peut-être l'auteur n'a-t-il pas voulu qu'il en fût ainsi. - Alors pourquoi son Bovary est-il si bête, qu'après lui, il n'y a plus que le
crétin? -S'il l'avait fait intelligent et timide, savant qui n'ose se produire, amoureux qui se recroqueville en lui-même et rougit
de s'épancher, même devant le plus intime témoin! Mais non, et autant qu'il a été en lui, il a justifié madame Bovary, non d'
avoir mal choisi, mais d'avoir cherché des compensations.
Qu'on ne s'y trompe pas, cependant.On n'aime pas, on ne peut pas aimer cette femme. Elle n'a pas de sentiments humains. Elle
ne songe jamais à son père, exècre son mari, déteste sa fille.Elle a du tempérament ou de l'imagination, je ne sais pas au jus-
te. Elle excite une vive curiosité, - rien de plus.
Couverture de l'édition de Madame Bovary publié le 15 avril 1857.
Malgré cette absence de caractères élevés et sympathiques, l'œuvre de M. Flaubert attache et emporte. On ne l'a pas lue
seulement, on l'a dévorée.
Là est le signe de sa force peu commune, la marque d'un talent de premier ordre. Que son livre
soit, comme on l'a dit, impersonnel, je n'en sais rien, je ne comprends pas, et cela m'est bien égal! Ce que je sais, c'est que
cette analyse profonde et minutieuse, cette anatomie brutale d'une passion dévergondée, cette dissection hardie, cette logi-
que de déduction, me séduisent m'attachent et de quelque nom qu'on l'appelle, je salue le maître.
On a reproché à ce roman de manquer d'action. Si par là on entend les coups d'épée ou de pistolet l'arrivée fortuite d'un person-
nage nouveau, le départ d'une chaise de poste, etc., etc. Oui; mais si l'on veut considérer que de l'observation patiente et con-
tinuelle des caractères, naissent à chaque moment un incident nouveau, des péripéties saisissantes et qui remuent profondé-
ment, on conviendra que jamais livre ne fut mieux rempli.
Rappelez-vous la scène où madame Bovary, à bout de forces et cherchant à se retenir sur la pente fatale, court à l'église, se pré-
cipite vers le curé et lui demande du secours aussi haut que le permet la pudeur d'une femme qui n'a pas encore failli. L'abbé
Bournisien, qui n'a que ses marmots en tête, préoccupé du catéchisme, voit à peine cette femme éperdue qui parle de ses souf-
frances et de ses tortures distribue des taloches aux drôles dissipés et répond: «C'est l'effet des premières chaleurs. Il faut ren-
trer chez vous, madame Bovary, boire un peu de thé, ça vous fortifiera, ou bien un verre d'eau fraîche avec de la cassonade.»
Et la scène des comices! et la désertion de Rodolphe, et les manœuvres de l'usurier Lheureux!Tout cela, n'est-ce pas de l'action,
et de la meilleure, celle qui surgit des entrailles mêmes du sujet, et non des caprices de l'imagination?
Je ne dirai rien de la richesse et de la variété des descriptions: à cet égard, M. Sainte-Beuve* a tout dit.Je pourrais tout au
plus le citer si j'avais son étude sous les yeux, mais je ne me hasarderai pas à le refaire.

Εικόνα ~ Ἡ Valentine Tessier/Βαλαντὶν Τεσιέ, τὸ 1933, ὡς Ἔμμα Μποβαρύ,
στὴν ταινία τοῦ Ρενουάρ/Renoir.

À côté de ces éloges, je placerai une petite observation [...] l'auteur arrive parfois au puéril, au laid, au sale.
A côté de ces éloges, cependant, je placerai une petite observation.Dans cette poursuite de la vérité, dans cette préoccupation
fatigante de ramasser tout ce qu'il voit aussi servilement que pourrait le faire un appareil de photographie, l'auteur arrive par-
fois au puéril, au laid, au sale.
Il compte les plis des bottes et des étoffes; s'il nous montre le vieux duc de Laverdière, «la serviette nouée dans le dos, man-
geant en laissant tomber de sa bouche des gouttes de sauce.» Il n'oublie pas que le joueur d'orgue chique, et il lui fait «lancer
contre la borne un long jet de salive brune.» Ailleurs c'est Rodolphe dont «les bottines étaient si vernies que l'herbe s'y reflétait,
et qui foulait avec elles les crottins de cheval.»
Mais le morceau le plus réussi est la description du mendiant que l'on rencontrait sur la route de Rouen à Yonville:
«Quand il retirait son chapeau, il découvrait à la place des paupières deux orbites béants tout ensanglantés, la chair s' effilo-
quait par lambeaux rouges, et il en coulait des liquides qui se figeaient en gales verte jusqu'au nez, dont les narines noires reni-
flaient convulsivement.»
Après ceci, il faut tirer l'échelle. Je défie quoi que ce soit de dépasser ce réel.
[...] M. Flaubert, il faut le reconnaître, s'est forcé parfois; il n'a pas voulu se contenter d'être clair, précis et pittoresque; il a
visé plus haut et s'est trompé. Quelquefois, la fièvre de la description l'a poussé dans les phrases à tiroirs comme celle-ci: «Il y
eut donc une noce où vinrent quarante-trois personnes, où l'on resta seize heures à table, qui recommença le lendemain et quel-
que peu les jours suivants.»

Du reste, il faut oser dire le faible du livre, comme nous en avons fait ressortir le fort. M. Flaubert n'est pas un écrivain.
Du reste, il faut oser dire le faible du livre, comme nous en avons fait ressortir le fort. M. Flaubert n'est pas un écrivain. Des-
criptions à part, son style est indécis incorrect, vulgaire
, et son école, si elle venait à prévaloir, serait l'invasion dans la lan-
gue du daguerréotype, du parler de la rue, et bientôt après du patois, sous prétexte d'exactitude et de naturel.
Heureusement pour le succès du livre qui nous occupe, il a pour racheter ce défaut des qualités de premier ordre. C'est un hom-
me vigoureux et bien proportionné revêtu d'habits mal faits. Il changera de tailleur.
Le drame est vigoureux, nourri, et les acteurs, d'un bout à l'autre, jouent admirablement bien leur rôle. Ils sont laids, je
l'avoue…c'est-à-dire, non.Il y a une figure réellement aimable et sympathique; c'est celle de madame Bovary, la mère de Charles.
Simple et héroïque, elle subit sans mot dire, un époux pervers, ivrogne et débraillé. Elle est assez forte pour se résigner et se
dévouer uniquement au bonheur de son fils. Lorsqu'elle s'en sépare, elle ne lui demande plus que confiance et amitié. Ce n'est
guère pour ce cœur aimant, sevré de toute affection; car de temps à autre elle se montre encore jalouse de sa belle-fille; mais
au moment du danger, elle est toujours là. Malheureusement son fils est trop stupide pour savoir mettre à profit les conseils d'
une longue expérience et d'une tendresse clairvoyante.
Elle est, pour qui sait la voir, l'antidote au poison et la moralité voilée du livre.
C'est justement par-là que je finis. Les critiques indignés et les lecteurs fragiles qui voient dans tout écrit un attentat à leur pu-
deur doivent en prendre leur parti ceci est un roman qui ne corrompra personne.
Le talent de M. Flaubert n'est pas contestable, il crève les yeux. II n'est pas parfait. Eh! mon Dieu! les montagnes les plus
hautes ont aussi les précipices les plus profonds.
Par J. Habans
--------------
* Sainte-Beuve (1804-1869), dans un article du Moniteur Universel daté du 4 mai 1857, s'incline devant le talent de Gustave Flaubert.
Il précise que celui-ci «tient la plume comme d'autres le scalpel».

~~~~~~
Εικόνα ~ Μία ἀπὸ τὶς εἰκονογραφήσεις τοῦ Φρὲντ Μονέ/Fred Money, σὲ ξυλογραφίες
τῶν Ζὼρζ Μπελτρὰν καὶ Ζὼρζ Ρενίε/ Georges Beltrand et Georges Régnier, γιὰ τὶς ἐκδόσεις Librairie des Amateurs.

Θἄθελα νὰ φαντάζομαι - ἀλλὰ νὰ εἶναι καὶ ἀλήθεια -
πὼς ἡ ἄξια δουλειὰ σώζεται.

Καθὼς ἀντέγραφα αὐτὸ τὸ κείμενο, εἰκόνες τῆς ἐποχῆς μου χόρευαν στὸ μυαλό μου, τότε, καθὼς μετέφραζα τὴ "Μαντὰμ Μποβαρύ".
Μ' ἔβλεπε ἡ μάννα μου κι' ἀνησυχοῦσε, ὥσπου...συνήθισε:
- Μεταφράζεις τώρα...ἤ κλαῖς; μοῦ εἶχε πεῖ.
Ναί, θἄλεγα, μεταφράζοντας - μιὰ τόσο ἐγκεφαλικὴ ἐργασία καὶ μὲ τέτοια ἔνταση πάντοτε - ἔβρεχα τὰ χειρόγραφα μὲ δάκρυα.
Ποτὲ ἄλλοτε - ἤ μᾶλλον τὸ ἴδιο καὶ ὅταν μετέφραζα τοὺς "Πιστωτὲς" τοῦ Στρίντμπεργκ καὶ τὸ " Ἤ ἕνας ἤ κανένας" τοῦ Πιραντέλο - δὲν ἔνιω-
σα ρίγος, τόση ἀναστάτωση καὶ συγκίνηση, (μάλιστα, μιὰ στιγμὴ μ' ἔπιασαν καὶ τ' ἀναφιλητά), ἀνάμεσα σ' ἕνα κείμενο, ἕνα χαρτί ποὺ περίμε-
νε ἐναγωνίως νὰ τὸ γεμίσω (γιὰ τὸ πενιχρὸ μεροκάματο), πέντ'-ἕξη λεξικά, ἑλληνικὰ καὶ γαλλικά, χίλια ἆλλα βάσανα ποὺ περνοῦσα τότε καὶ
τὴν ἀγωνία πὼς πάλι δὲν θὰ προλάβαινα τίποτα νὰ μελετήσω γιὰ τὸ Γαλλικὸ Ἰνστιτοῦτο, ποὺ εἴχαμε μάθημα κάθε ἀπόγευμα, καὶ τὸ Σάββατο,
32 ὧρες τὴν ἑβδομάδα...
Πάντως, ἡ μετάφρασή μου αὐτὴ εἶχε καὶ τὰ ὀδυνηρά της. Δὲν "κοιμήθηκα" μὲ κάποιον στὶς ἐκδόσεις ἐκεῖνες; Δὲν ξαναείδα μετάφραση ἀπ' αὐ-
τές, μολονότι μ' ἔβαλε καὶ ἀγόρασα τὸ ἑπόμενο βιβλίο ποὺ θὰ...μετέφραζα, ἕνα τῆς Γεωργίας Σάνδη. Καὶ εἶχα κάνει τόσα ὄνειρα γι' αὐτό!...
Καἰ, δεκαπέντε χρόνια ἀργότερα, ἡ ΕΡΤ μετέδωσε σὲ 14 ραδιοφωνικὲς συνέχειες τὴν μετάφρασή μου (ὡς θεατρικό), χωρὶς νὰ μὲ ρωτήσει καὶ
χωρὶς νὰ πληρωθῶ οὔτε δεκάρα (120.000 δρχ. τὸ 1986). Ὅλες οἱ ἀμέτρητες προσπάθειές μου ἀπέβησαν ἄκαρπες.
Δὲν θὰ ὑπῆρχε περίπτωση νὰ μὴν τὰ ἀναφέρω αὐτά.
.Ἰάνης Λὸ Σκόκκο.
Εἶμαι ὁ μεσιὲ Κλινοηδυεπὴς
ὡραῖος, ὀλέθριος.
Καί, ἡ τελευταία λέξη τῆς κλιν'-ἐρασμιότητος: :klino:
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Re:Ἀγαπημένα μας γαλλικά, φίλοι τῶν γαλλικῶν.Français chéri.

Δημοσίευσηαπό ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ » Φεβρουάριος 7th, 2016, 8:22 pm

Εικόνα
ΕικόναΕικόνα
~ . Εικόνα . Ἀλφὸνς Ντωντέ, Alphonse Daudet, 2.

Εικόνα ~ Ἀπὸ τὴν συλλογὴ διηγημάτων . Εικόνα . "Γράμματα ἀπὸ τὸν Μύλο μου",

.......... .......... .......... .......... ἐδῶ Ἡ Ἀρλεζιάνα, 1887.

Εικόνα ~ Pour aller au village, en descendant de mon moulin, on passe devant un mas bâti près
de la route au fond d’une grande cour plantée de micocouliers.C’est la vraie maison du ménager de Provence, avec ses tui-
les rouges, sa large façade brune irrégulièrement percée, puis tout en haut la girouette du grenier, la poulie pour hisser les
meules, et quelques touffes de foin brun qui dépassent…
.Pourquoi cette maison m’avait-elle frappé? Pourquoi ce portail fermé me serrait-il le cœur? Je n’aurais pas pu le dire, et
pourtant ce logis me faisait froid. Il y avait trop de silence autour… Quand on passait, les chiens n’aboyaient pas, les pinta-
des s’enfuyaient sans crier… À l’intérieur, pas une voix! Rien, pas même un grelot de mule…Sans les rideaux blancs des fe-
nêtres et la fumée qui montait des toits, on aurait cru l’endroit inhabité.
Hier, sur le coup de midi, je revenais du village, et, pour éviter le soleil, je longeais les murs de la ferme, dans l’ombre des
micocouliers…Sur la route, devant le mas, des valets silencieux achevaient de charger une charrette de foin…Le portail était
resté ouvert.Je jetai un regard en passant, et je vis, au fond de la cour, accoudé, — la tête dans ses mains, — sur une large
table de pierre, un grand vieux tout blanc, avec une veste trop courte et des culottes en lambeaux…Je m’arrêtai.Un des hom-
mes me dit tout bas:
— Chut! c’est le maître… Il est comme ça depuis le malheur de son fils.
À ce moment une femme et un petit garçon, vêtus de noir, passèrent près de nous avec de gros paroissiens dorés, et entrè-
rent à la ferme.
L’homme ajouta:
— … La maîtresse et Cadet qui reviennent de la messe. Ils y vont tous les jours, depuis que l’enfant s’est tué…Ah! monsieur,
quelle désolation!… Le père porte encore les habits du mort; on ne peut pas les lui faire quitter… Dia! hue! la bête!
La charrette s’ébranla pour partir. Moi, qui voulais en savoir plus long, je demandai au voiturier de monter à côté de lui, et
c’est là-haut, dans le foin, que j’appris toute cette navrante histoire…
Il s’appelait Jan. C’était un admirable paysan de vingt ans, sage comme une fille, solide et le visage ouvert. Comme il était
très beau, les femmes le regardaient; mais lui n’en avait qu’une en tête, — une petite Arlésienne, toute en velours et en den-
telles, qu’il avait rencontrée sur la Lice d’Arles, une fois. — Au mas, on ne vit pas d’abord cette liaison avec plaisir. La fille
passait pour coquette, et ses parents n’étaient pas du pays. Mais Jan voulait son Arlésienne à toute force. Il disait:
— Je mourrai si on ne me la donne pas.
Il fallut en passer par là. On décida de les marier après la moisson.
Donc, un dimanche soir, dans la cour du mas, la famille achevait de dîner. C’était presque un repas de noces. La fiancée n’y
assistait pas, mais on avait bu en son honneur tout le temps… Un homme se présente à la porte, et, d’une voix qui tremble,
demande à parler à maître Estève, à lui seul. Estève se lève et sort sur la route.
— Maître, lui dit l’homme, vous allez marier votre enfant à une coquine, qui a été ma maîtresse pendant deux ans. Ce que j’
avance, je le prouve: voici des lettres!… Les parents savent tout et me l’avaient promise; mais, depuis que votre fils la re-
cherche, ni eux ni la belle ne veulent plus de moi… J’aurais cru pourtant qu’après ça elle ne pouvait pas être la femme d’un
autre.
— C’est bien! dit maître Estève quand il eut regardé les lettres; entrez boire un verre de muscat.
L’homme répond:
— Merci! j’ai plus de chagrin que de soif.
Et il s’en va.
Le père rentre, impassible; il reprend sa place à table; et le repas s’achève gaiement…
Ce soir-là, maître Estève et son fils s’en allèrent ensemble dans les champs. Ils restèrent longtemps dehors; quand ils revin-
rent, la mère les attendait encore.
— Femme, dit le ménager, en lui amenant son fils, embrasse-le ! il est malheureux…
Jan ne parla plus de l’Arlésienne. Il l’aimait toujours cependant, et même plus que jamais, depuis qu’on la lui avait montrée
dans les bras d’un autre. Seulement il était trop fier pour rien dire; c’est ce qui le tua, le pauvre enfant!… Quelquefois il pas-
sait des journées entières seul dans un coin, sans bouger. D’autres jours, il se mettait à la terre avec rage et abattait à lui
seul le travail de dix journaliers… Le soir venu, il prenait la route d’Arles et marchait devant lui jusqu’à ce qu’il vît monter
dans le couchant les clochers grêles de la ville. Alors il revenait. Jamais il n’alla plus loin.
De le voir ainsi, toujours triste et seul, les gens du mas ne savaient plus que faire. On redoutait un malheur…Une fois, à table,
sa mère, en le regardant avec des yeux pleins de larmes, lui dit:
— Eh bien ! écoute, Jan, si tu la veux tout de même, nous te la donnerons…
Le père, rouge de honte, baissait la tête…
Jan fit signe que non, et il sortit…
À partir de ce jour, il changea sa façon de vivre, affectant d’être toujours gai, pour rassurer ses parents. On le revit au bal,
au cabaret, dans les ferrades. À la vote de Fonvieille, c’est lui qui mena la farandole.
Le père disait: «Il est guéri.» La mère, elle, avait toujours des craintes et plus que jamais surveillait son enfant…Jan couchait
avec Cadet, tout près de la magnanerie; la pauvre vieille se fit dresser un lit à côté de leur chambre… Les magnans pouvaient
avoir besoin d’elle, dans la nuit.
Vint la fête de saint Éloi, patron des ménagers.
Grande joie au mas…Il y eut du châteauneuf pour tout le monde et du vin cuit comme s’il en pleuvait.Puis des pétards, des feux
sur l’aire, des lanternes de couleur plein les micocouliers… Vive saint Éloi! On farandola à mort. Cadet brûla sa blouse neuve…Jan
lui-même avait l’air content; il voulut faire danser sa mère; la pauvre femme en pleurait de bonheur.
À minuit, on alla se coucher. Tout le monde avait besoin de dormir… Jan ne dormit pas, lui. Cadet a raconté depuis que toute la
nuit il avait sangloté… Ah! je vous réponds qu’il était bien mordu, celui-là…

Le lendemain, à l’aube, la mère entendit quelqu’un traverser sa chambre en courant. Elle eut comme un pressentiment:
— Jan, c’est toi?
Jan ne répond pas; il est déjà dans l’escalier.
Vite, vite la mère se lève:
— Jan, où vas-tu?
Il monte au grenier; elle monte derrière lui:
— Mon fils, au nom du ciel!
Il ferme la porte et tire le verrou.
— Jan, mon Janet, réponds-moi. Que vas-tu faire?
À tâtons, de ses vieilles mains qui tremblent, elle cherche le loquet… Une fenêtre qui s’ouvre, le bruit d’un corps sur les dalles de
la cour, et c’est tout…
Il s’était dit, le pauvre enfant: «Je l’aime trop… Je m’en vais…» Ah! misérables cœurs que nous sommes! C’est un peu fort pour-
tant que le mépris ne puisse pas tuer l’amour!…
Ce matin-là, les gens du village se demandèrent qui pouvait crier ainsi, là-bas, du côté du mas d’Estève…
C’était, dans la cour, devant la table de pierre couverte de rosée et de sang, la mère toute nue qui se lamentait, avec son enfant
mort sur ses bras.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~
* Δὲς καὶ τὴν ταινία τοῦ Μὰρκ Ἀλλεγκρέ στὸ Re: Μεγάλες ἀγάπες τοῦ κινηματογράφου, πού τίς...ζηλέψαμε.
Εἶμαι ὁ μεσιὲ Κλινοηδυεπὴς
ὡραῖος, ὀλέθριος.
Καί, ἡ τελευταία λέξη τῆς κλιν'-ἐρασμιότητος: :klino:
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Re:Ἀγαπημένα μας γαλλικά, φίλοι τῶν γαλλικῶν.Français chéri.

Δημοσίευσηαπό ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ » Φεβρουάριος 11th, 2016, 9:39 am

~ Εικόνα
nos, οἱ amis, φίλοι μας les, τὰ animaux, ζῶα.

Εικόνα * Καλὴ Πέμπτη, δηλαδή.
~
ΕικόναΕικόναΕικόναΕικόναΕικόναΕικόναΕικόναΕικόνα
Εικόνα * Félix et Ciboulette, "Le Restaurant", ==== https://www.youtube.com/watch?v=7LHx3BWok5Y
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Re:Ἀγαπημένα μας γαλλικά, φίλοι τῶν γαλλικῶν.Français chéri.

Δημοσίευσηαπό ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ » Φεβρουάριος 21st, 2016, 9:06 am

Εικόνα
ΕικόναΕικόνα
ΕικόναΕικόνα Εικόνα * Jeanne Calment/Ζὰν Καλμάν.
Γεννήθηκε σὰν σήμερα, Naissance: 21 février 1875, στὴν πόλη Ἄρλ/Arles. Πέθανε 122 ἐτῶν, Décès: 4 août 1997 (à 122 ans).

Jeanne Calment est une femme française issue de la société civile, mondialement connue pour avoir été la doyenne des Français et de l'humanité.

Fille d'un charpentier de marine, elle vit paisiblement comme femme au foyer après s'être mariée avec son cousin germain, riche marchand qui ne
la laissera jamais dans le besoin. Jeanne Calment ne sera médiatisée qu'a la fin de sa vie, par hasard d'ailleurs, puisque ça vie n'a rien eu qui justi-
fie une telle attention, à l'exception de son grand âge.

Jeanne Calment se retire dès 1985 dans une maison de retraite, après avoir vendu sa maison plus du double de sa valeur initiale à un riche notaire.
Les médias se déplacent à Arles, où Jeanne Calment vit depuis sa naissance, à l'occasion, en 1988 du centenaire de la naissance du peintre Vincent
Van Gogh
, arlésien de naissance lui aussi.C'est alors que les chaînes de télé rencontrent cette pimpante femme centenaire (elle est née en 1875) et
s'intéressent à elles au fur et à mesure qu'elle avance en âge.

En 1991, elle devient la femme la plus âgée du monde, à l'âge de 116 ans.Encore alerte, elle interprète son propre rôle dans un film, fait l'objet d'un
documentaire, et enregistrera même un disque pour ses 121 ans, quelque temps avant de mourir. Mais, victime de l'agitation médiatique, la santé
de Jeanne Calment, doyenne de l'humanité depuis l'âge de 120 ans, se dégrade en quelque mois et elle décède, à l'âge de 122 ans.
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Re:Ἀγαπημένα μας γαλλικά, φίλοι τῶν γαλλικῶν.Français chéri.

Δημοσίευσηαπό ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ » Φεβρουάριος 26th, 2016, 10:13 am

Εικόνα
Εικόνα
ΕικόναΕικόνα
~~~~
Εικόνα . Jean Giraudoux, / Ζὰν Ζιρωντού, 2.
* * *
Présentation de quelques de ses oeuvres. Παρουσίαση μερικῶν ἔργων του.
~~
ΕικόναΕικόνα . ÉLECTRE, Ἠλέκτρα, δράμα σὲ 2 πράξεις, 1937.

«Égisthe: - Il est des vérités qui peuvent tuer un peuple, Électre.
Électre: - Il est des regards de peuple mort qui pour toujours étincellent».

. C' est à l' occasion de l' Exposition Universelle que Louis Jouvet monta, le 13 mai 1937, la version giralducienne de la tragédie d' Électre.
Ou plutôt ne faut-il pas dire, avec Gérard Genette, que Giraudoux a écrit pour Jouvet la première tragédie véritable dans l' histoire de ce
sujet? Il a osé en effet deux innovations qui changent tout: Électre ne sait pas qu' Agamemnon a été assassiné, ni que Clytemnestre a un
amant; elle hait donc la reine sa mère et le régent Égisthe d' une haine sans cause, c' est une «femme à histoires». Égisthe n' est plus le
tyran veule et cruel des Anciens, mais un homme d' État; même, au début du second acte, le roi se déclare en lui, et il ne songe plus qu' à
organiser la défense de sa patrie contre les Corinthiens, qui ont envahi soudainement Argos. Mais au moment même où il a été «sacré»,
Électre a découvert la vérité: elle réclame que justice soit faite, dût Argos périr.Leur face à face constitue le sommet de la pièce: deux or-
dres de valeurs s' affrontent, dont les représentants respirent à la même hauteur, et qui pourtant sont inconciliables.Au spectateur de tran-
cher, s' il le peut, éclairé par l' aurore finale, quand «out est saccagé et que l' air pourtant se respire»...
~~
Tragédie et humanisme/Τραγωδία καὶ ἀνθρωπισμός.
C'est dans ce contexte que Giraudoux aborde le mythe. Globalement fidèle à l'intrigue originale, dont il reprend la plupart des éléments (les
Euménides viennent d'Eschyle, le mariage forcé avec le jardinier est emprunté à Euripide), le dramaturge apporte cependant quelques inno-
vations, telles que l'apparition de personnages inédits (le mendiant, les époux Théocathoclès),ou encore l'ignorance dans laquelle se trouve
Électre des crimes d'Égisthe et de Clytemnestre.Ce dernier point est capital: il tend à rapprocher Électre d'Œdipe.La psychanalyse a souvent
noté la communauté de leurs destins: tous deux sont à la recherche de leur propre origine, en quête d'une vérité qui les détruira.
Quant à la signification de la pièce, elle n'est pas sans ambiguïté, à l'image de son héroïne éponyme. Pure (Alektra signifie en grec la «non
mariée»), porteuse de lumière (Elektra: la «brillante», la «lumineuse»), Électre incarne a priori la justice et la vérité en marche.
Mais les Grecs, déjà, avaient mis l'accent sur l'excès du personnage, sa haine aveugle et son hubris (sa démesure).
Chez Giraudoux, face à une Électre de plus en plus froide et désincarnée, à un Oreste humain mais quelque peu effacé, à une Clytemnestre
qui joue en vain la comédie de la mère frustrée, c'est Égisthe, paradoxalement, qui incarne la véritable alternative: littéralement transfigu-
ré, mué en chef d'État prêt à payer le prix de son forfait mais préoccupé du salut de son peuple, il met en lumière, derrière la juste vengean
ce d'Électre, une volonté de puissance sans limites, et l'intransigeance d'une fanatique:
«Égisthe: – Il est des vérités qui peuvent tuer un peuple, Électre.
Électre: – Il est des regards de peuple mort qui pour toujours étincellent».
Toutefois, la portée morale et politique du propos, qui s'articule autour du débat sur les mobiles et les conséquences de l'acte d'Électre (sou-
mission au destin ou affirmation de la liberté humaine, triomphe de la vertu ou condamnat […]
~~
Le monologue du Mendiant, ὁ μονόλογος τοῦ Ζητιάνου, πράξη 2η, σκηνὴ 9η:
LE MENDIANT: – C’est l’histoire de ce poussé ou pas poussé que je voudrais bien tirer au clair. Car, selon que c’est l’un ou l’autre, c’est la
vérité ou le mensonge qui habite Électre, soit qu’elle mente sciemment, soit que sa mémoire devienne mensongère. Moi je ne crois pas qu’
elle ait poussé. Regardez-la: à deux pouces au-dessus du sol, elle tient son frère endormi aussi serré qu’au-dessus d’un abîme. Il va rêver
qu’il tombe, évidemment, mais cela vient du cœur, elle n’y est pour rien. Tandis que la reine a une ressemblance: elle ressemble à ces bou-
langères qui ne se baissent même pas pour ramasser leur monnaie, et aussi à ces chiennes griffonnes qui étouffent leur plus beau petit pen-
dant leur sommeil. Après, elles le lèchent comme la reine vient de lécher Oreste, mais on n’a jamais fait d’enfant avec la salive. On voit l’
histoire comme si l’on y était.Tout s’explique, si vous supposez que la reine s’est mis une broche en diamants et qu’un chat blanc est passé.
Elle tient Électre sur le bras droit, car la fille est déjà lourde; elle tient le bébé sur l’autre, un peu éloigné d’elle, pour qu’il ne s’égratigne pas
à la broche ou qu’il ne la lui enfonce pas dans la peau…C’est une épingle à reine, pas une épingle à nourrice…Et l’enfant voit le chat blanc, c’
est magnifique, un chat blanc, c’est de la vie blanche, c’est du poil blanc: ses yeux le tirent, et il bascule…Et c’est une femme égoïste. Car,
de toute façon, en voyant chavirer l’enfant, elle n’avait pour le retenir qu’à libérer son bras droit de la petite Électre, à lancer la petite Élec-
tre au loin sur le marbre, à se ficher de la petite Électre. Qu’elle se casse la gueule, la petite Électre, pourvu que vive et soit intact le fils du
roi des rois! Mais elle est égoïste. Pour elle, la femme compte autant que l’homme, parce qu’elle en est une; le ventre autant que la souche,
parce qu’elle est un ventre; elle ne songe pas une seconde à détruire cette fille à ventre pour sauver ce fils à souche, et elle garde Électre.
Tandis que voyez Électre. Elle s’est déclarée dans les bras de son frère. Et elle a raison.Elle ne pouvait trouver d’occasion meilleure.La frater-
nité est ce qui distingue les humains.Les animaux ne connaissent que l’amour…les chats, les perruches, et cætera; ils n’ont de fraternité que
de pelage. Pour trouver des frères, ils sont obligés d’aimer les hommes, de faire la retape aux hommes… Qu’est-ce qu’il fait, le petit canard,
quand il se détache de la bande des canards, et de son petit œil tendre pétillant sur sa joue inclinée de canard, il vient nous regarder, nous
autres humains, manger ou bricoler, c’est qu’il sait que c’est nous son frère l’homme et son frère la femme. J’en ai pris ainsi à la main, des
petits canards, je n’ai plus eu qu’à leur tordre le cou, parce qu’ils s’approchaient avec leur fraternité, parce qu’ils essayaient de comprendre
ce que je faisais, moi leur frère, à couper ma croûte de fromage en y rajoutant de l’oignon.Frère des canards, voilà notre vrai titre, car cette
petite tête qu’ils plongent dans la vase pour barboter têtard et salamandre, quand ils la dressent vers l’homme toute mordorée et bleue, elle
n’est plus que propreté, intelligence et tendresse – immangeable d’ailleurs, la cervelle exceptée…Moi je me charge de leur apprendre à pleurer,
à des têtes de canard!…Électre n’a donc pas poussé Oreste!Ce qui fait que tout ce qu’elle dit est légitime, tout ce qu’elle entreprend sans con-
teste. Elle est la vérité sans résidu, la lampe sans mazout, la lumière sans mèche. De sorte que si elle tue, comme cela menace, toute paix et
tout bonheur autour d’elle, c’est parce qu’elle a raison! C’est que si l’âme d’une fille, par le plus beau soleil, se sent un point d’angoisse, si
elle renifle, dans les fêtes et les siècles les plus splendides, une fuite de mauvais gaz, elle doit y aller, la jeune fille est la ménagère de la véri-
té, elle doit y aller jusqu’à ce que le monde pète et craque dans les fondements des fondements et les générations des générations, dussent
mille innocents mourir la mort des innocents pour laisser le coupable arriver à sa vie de coupable! Regardez les deux innocents. C’est ce qui
va être le fruit de leurs noces: remettre à la vie pour le monde et les âges un crime déjà périmé et dont le châtiment lui-même sera un pire
crime. Comme ils ont raison de dormir pendant cette heure qu’ils ont encore! Laissons-les. Moi je vais faire un tour. Je les réveillerais. J’é-
ternue toujours trois fois quand la lune prend sa hauteur, et éternuer dans ses mains c’est prendre un risque effroyable.Mais vous tous qui res-
tez, taisez-vous, inclinez-vous!… C’est le premier repos d’Électre!… C’est le dernier repos d’Oreste!
Μετάφραση τελευταίας σειρᾶς, μιὰ σκέψη ποὺ δὲν μοῦ εἶχε περάσει ἀπὸ τὸν νοῦ τόσο ξεκάθαρα, τόσο συγκλονιστικὰ ἀνατριχιαστική:
Ζητιάνος: - Μὰ σεῖς, ποὺ μένετε, ὑποκλιθῆτε!...Εἶναι ἡ πρώτη ξεκούραση τῆς Ἠλέκτρας!...Εἶναι ἡ τελευταία ἀνάπαυση τοῦ Ὀρέστη!...

Εικόνα . Gabrielle Dorziat et Louis Jouvet dans "Électre" de Jean Giraudoux.
Paris, théâtre de l'Athénée , 13-05-1937.

[Τὸ ἀφιέρωμα στὸν Ζὰν Ζιρωντοὺ συνεχίζεται].
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Περᾶστε τὸ ποντίκι σας πάνω στὴν εἰκόνα, τίποτ' ἄλλο δὲν σᾶς λέω!
Άβαταρ μέλους
ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ
Extreme poster
 
Δημοσ.: 31546
Εγγραφη: Ιανουάριος 31st, 2008, 11:31 pm
Τοποθεσια: Κλινοηδυεπὲς ΠαραΓατιανὸν ἀθηναϊκὸν κλεινὸν τέρας. Κλινοχαρής ἐπωνομασθεὶς Οἰδίνους!
Το μέλος ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ, σύμφωνα με τους όρους χρήσης που αποδέχτηκε κατά την εγγραφή του, φέρει την αποκλειστική ευθύνη της παραπάνω δημοσίευσης, των απόψεων/θέσεων που εκφράζονται μέσω αυτής, καθώς και την επιλογή συνδέσμων που τυχόν συμπεριλαμβάνονται. Για άμεση επικοινωνία με τον διαχειριστή του phorum.gr στο email: admin(@)phorum.gr

Re:Ἀγαπημένα μας γαλλικά, φίλοι τῶν γαλλικῶν.Français chéri.

Δημοσίευσηαπό ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ » Φεβρουάριος 27th, 2016, 6:41 pm

Εικόνα
Εικόνα
ΕικόναΕικόνα
Στὶς 28 Φεβρουαρίου 1869,
πέθανε ἕνας, ἄλλοτε πολὺ ἀγαπητὸς Γάλλος ποιητὴς στὴν Ἑλλάδα,
πάντοτε ὅμως μεγάλος: ὁ Λαμαρτίνος ἤ Ἀλφὸνς ντὲ Λαμαρτίν,

Εικόνα . Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine, (1790-1869).
(Ἔργο τοῦ Théodore Chassériau/Τεοντὼρ Σασεριώ).
* * * Εικόνα . . . ΕικόναΕικόνα . . . Εικόνα
Εικόνα . . . Εικόνα
Εικόνα
ΕικόναΕικόνα
* * *
Στὴν Ἑλλάδα εἶναι πασίγνωστη "ἡ Λίμνη":

Le Lac.
Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir!

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots:

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices!
Suspendez votre cours:
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours!

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent;
Oubliez les heureux.

" Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit;
Je dis à cette nuit: Sois plus lente; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons!
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive;
Il coule, et nous passons! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur?

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace?
Quoi! passés pour jamais! quoi! tout entiers perdus!
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus!

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez?
Parlez: nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez?

Ô lac! rochers muets! grottes! forêt obscure!
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir!

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise: Ils ont aimé!
"Les Méditations poétiques".
~
Chant d'amour (I).
Naples, 1822.
Si tu pouvais jamais égaler, ô ma lyre,
Le doux frémissement des ailes du zéphyre
À travers les rameaux,
Ou l'onde qui murmure en caressant ces rives,
Ou le roucoulement des colombes plaintives,
Jouant aux bords des eaux;

Si, comme ce roseau qu'un souffle heureux anime,
Tes cordes exhalaient ce langage sublime,
Divin secret des cieux,
Que, dans le pur séjour où l'esprit seul s'envole,
Les anges amoureux se parlent sans parole,
Comme les yeux aux yeux;

Si de ta douce voix la flexible harmonie,
Caressant doucement une âme épanouie
Au souffle de l'amour,
La berçait mollement sur de vagues images,
Comme le vent du ciel fait flotter les nuages
Dans la pourpre du jour:

Tandis que sur les fleurs mon amante sommeille,
Ma voix murmurerait tout bas à son oreille
Des soupirs, des accords,
Aussi purs que l'extase où son regard me plonge,
Aussi doux que le son que nous apporte un songe
Des ineffables bords!

Ouvre les yeux, dirais-je, ô ma seule lumière!
Laisse-moi, laisse-moi lire dans ta paupière
Ma vie et ton amour!
Ton regard languissant est plus cher à mon âme
Que le premier rayon de la céleste flamme
Aux yeux privés du jour.
........................
~
L'Homme.
(À Lord Byron).
Toi, dont le monde encore ignore le vrai nom,
Esprit mystérieux, mortel, ange, ou démon,
Qui que tu sois, Byron, bon ou fatal génie,
J'aime de tes concerts la sauvage harmonie,
Comme j'aime le bruit de la foudre et des vents
Se mêlant dans l'orage à la voix des torrents!
La nuit est ton séjour, l'horreur est ton domaine:
L'aigle, roi des déserts, dédaigne ainsi la plaine
Il ne veut, comme toi, que des rocs escarpés
Que l'hiver a blanchis, que la foudre a frappés;
Des rivages couverts des débris du naufrage,
Ou des champs tout noircis des restes du carnage.
Εἶμαι ὁ μεσιὲ Κλινοηδυεπὴς
ὡραῖος, ὀλέθριος.
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Re:Ἀγαπημένα μας γαλλικά, φίλοι τῶν γαλλικῶν.Français chéri.

Δημοσίευσηαπό ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ » Φεβρουάριος 27th, 2016, 7:41 pm

ΕικόναΕικόνα
~
Καὶ πάλι Λαμαρτίνος.

Εικόνα. Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine, 2: La mort de Socrate.

Εικόνα . . "ὁ θάνατος τοῦ Σωκράτους".

. . . La vérité, c'est Dieu.

Εικόνα
Le soleil, se levant aux sommets de l'Hymette,
Du temple de Thésée illuminait le faîte,
Et, frappant de ses feux les murs du Parthénon,
Comme un furtif adieu, glissait dans la prison.
On voyait sur les mers une poupe dorée,
Au bruit des hymnes saints, voguer vers le Pirée,
Et c'était ce vaisseau dont le fatal retour
Devait aux condamnés marquer leur dernier jour;
Mais la loi défendait qu'on leur ôtât la vie
Tant que le doux soleil éclairait l'Ionie,
De peur que ses rayons, aux vivants destinés,
Par des yeux sans regard ne fussent profanés,
Ou que le malheureux, en fermant sa paupière,
N'eût à pleurer deux fois la vie et la lumière!
Ainsi l'homme exilé du champ de ses aïeux
Part avant que l'aurore ait éclairé les cieux.

Attendant le réveil du fils de Sophronique,
Quelques amis en deuil erraient sous le portique
Et sa femme, portant son fils sur ses genoux,
Tendre enfant dont la main joue avec les verrous,
Accusant la lenteur des geôliers insensibles,
Frappait du front l'airain des portes inflexibles.
La foule, inattentive au cri de ses douleurs,
Demandait en passant le sujet de ses pleurs,
Et, reprenant bientôt sa course suspendue,
Et dans les longs parvis par groupes répandue,
Recueillait ces vains bruits dans le peuple semés,
Parlait d'autels détruits et des dieux blasphémés,
Et d'un culte nouveau corrompant la jeunesse,
Et de ce Dieu sans nom, étranger dans la Grèce!
C'était quelque insensé, quelque monstre odieux,
Quelque nouvel Oreste aveuglé par les dieux,
Qu'atteignait à la fin la tardive justice,
Et que la terre au ciel devait en sacrifice;
Socrate! et c'était toi qui, dans les fers jeté,
Mourais pour la justice et pour la vérité!

Εικόνα
Enfin de la prison les gonds bruyants roulèrent;
A pas lents, l'oeil baissé, les amis s'écoulèrent.
Mais Socrate, jetant un regard sur les flots,
Et leur montrant du doigt la voile vers Délos:
«Regardez! sur les mers cette poupe fleurie,
C'est le vaisseau sacré, l'heureuse Théorie;
Saluons-la, dit-il: cette voile est la mort!
Mon âme, aussitôt qu'elle, entrera dans le port!
Et cependant parlez! et que ce jour suprême
Dans nos doux entretiens s'écoule encor de même!
Ne jetons point aux vents les restes du festin;
Des dons sacrés des dieux usons jusqu'à la fin:
L'heureux vaisseau qui touche au terme du voyage
Ne suspend pas sa course à l'aspect du rivage;
Mais, couronné de rieurs, et les voiles aux vents,
Dans le port qui l'appelle il entre avec des chants!

Les poètes ont dit qu'avant sa dernière heure
En sons harmonieux le doux cygne se pleure;
Amis, n'en croyez rien: l'oiseau mélodieux
D'un plus sublime instinct fut doué par les dieux.
Du riant Eurotas près de quitter la rive,
L'âme, de ce beau corps à demi fugitive,
S'avançant pas à pas vers un monde enchanté,
Voit poindre le jour pur de l'immortalité,
Et, dans la douce extase où ce regard la noie,
Sur la terre en mourant elle exhale sa joie.
Vous qui près du tombeau venez pour m'écouter,
Je suis un cygne aussi: je meurs, je puis chanter!»

Sous la voûte, à ces mots, des sanglots éclatèrent;
D'un cercle plus étroit ses amis l'entourèrent:
«Puisque tu vas mourir, ami trop tôt quitté,
Parle-nous d'espérance et d'immortalité!
- Je le veux bien, dit-il: mais éloignons les femmes;
Leurs soupirs étouffés amolliraient nos âmes;
Or, il faut, dédaignant les terreurs du tombeau,
Entrer d'un pas hardi dans un monde nouveau!

Εικόνα
Vous le savez, amis ; souvent, dès ma jeunesse,
Un génie inconnu m'inspira la sagesse,
Et du monde futur me découvrit les lois.
Etait-ce quelque Dieu caché dans une voix?
Une ombre m'embrassant d'une amitié secrète?
L'écho de l'avenir? la muse du poète?
Je ne sais; mais l'esprit qui me parlait tout bas,
Depuis que de ma fin je m'approche à grands pas,
En sons plus élevés me parle, me console.
Je reconnais plus tôt sa divine parole,
Soit qu'un coeur affranchi du tumulte des sens
Avec plus de silence écoute ses accents;
Soit que, comme l'oiseau, l'invisible génie
Redouble vers le soir sa touchante harmonie;
Soit plutôt qu'oubliant le jour qui va finir,
Mon âme, suspendue aux bords de l'avenir,
Distingue mieux le son qui part d'un autre monde,
Comme le nautonier, le soir, errant sur l'onde,
A mesure qu'il vogue et s'approche du bord,
Distingue mieux la voix qui s'élève du port.
Cet invisible ami jamais ne m'abandonne,
Toujours de son accent mon oreille résonne,
Et sa voix dans ma voix parle seule aujourd'hui;
Amis, écoutez donc! ce n'est plus moi, c'est lui!»

Le front calme et serein, l'oeil rayonnant d'espoir,
Socrate à ses amis fit signe de s'asseoir;
A ce signe muet soudain ils obéirent,
Et sur les bords du lit en silence ils s'assirent:
Symmias abaissait son manteau sur ses yeux;
Criton d'un oeil pensif interrogeait les cieux;
Cébès penchait à terre un front mélancolique;
Anaxagore, armé d'un rire sardonique,
Semblait, du philosophe enviant l'heureux sort,
Rire de la fortune et défier la mort!
Et le dos appuyé sur la porte de bronze,
Les bras entrelacés, le serviteur des Onze,
De doute et de pitié tour à tour combattu,
Murmurait sourdement: «Que lui sert sa vertu?»
Mais Phédon, regrettant l'ami plus que le sage,
Sous ses cheveux épars voilant son beau visage,
Plus près du lit funèbre, aux pieds du maître assis,
Sur ses genoux pliés se penchait comme un fils,
Levait ses yeux voilés sur l'ami qu'il adore,
Rougissait de pleurer, et le pleurait encore!

Du sage cependant la terrestre douleur
N'osait point altérer les traits ni la couleur;
Son regard élevé loin de nous semblait lire;
Sa bouche, où reposait son gracieux sourire,
Toute prête à parler, s'entr'ouvrait à demi;
Son oreille écoutait son invisible ami;
Ses cheveux, effleurés du souffle de l'automne,
Dessinaient sur sa tête une pâle couronne,
Et, de l'air matinal par moments agités,
Répandaient sur son front des reflets argentés;
Mais, à travers ce front où son âme est tracée,
On voyait rayonner sa sublime pensée,
Comme, à travers l'albâtre ou l'airain transparents,
La lampe, sur l'autel jetant ses feux mourants,
Par son éclat voilé se trahissant encore,
D'un reflet lumineux les frappe et les colore.
Comme l'oeil sur les mers suit la voile qui part,
Sur ce front solennel attachant leur regard,
A ses yeux suspendus, ne respirant qu'à peine,
Ses amis attentifs retenaient leur haleine;
Leurs yeux le contemplaient pour la dernière fois;
Ils allaient pour jamais emporter cette voix!
Comme la vague s'ouvre au souffle errant d'Eole,
Leur âme impatiente attendait sa parole.
Enfin du ciel sur eux son regard s'abaissa,
Et lui, comme autrefois, sourit, et commença:

«Quoi! vous pleurez, amis! vous pleurez quand mon âme,
Semblable au pur encens que la prêtresse enflamme,
Affranchie à jamais du vil poids de son corps,
Va s'envoler aux dieux, et, dans de saints transports,
Saluant ce jour pur, qu'elle entrevit peut-être,
Chercher la vérité, la voir et la connaître!
Pourquoi donc vivons-nous, si ce n'est pour mourir?
Pourquoi pour la justice ai-je aimé de souffrir?
Pourquoi dans cette mort qu'on appelle la vie,
Contre ces vils penchants luttant, quoique asservie,
Mon âme avec mes sens a-t-elle combattu!
Sans la mort, mes amis, que serait la vertu?...
C'est le prix du combat, la céleste couronne
Qu'aux bornes de la course un saint juge nous donne;
La voix de Jupiter qui nous rappelle à lui!
Amis, bénissons-la ! Je l'entends aujourd'hui.
Je pouvais, de mes jours disputant quelque reste,
Me faire répéter deux fois l'ordre céleste:
Me préservent les dieux d'en prolonger le cours!
En esclave attentif, ils m'appellent, j'y cours.
Et vous, si vous m'aimez, comme aux plus belles fêtes,
Amis, faites couler des parfums sur vos têtes!
Suspendez une offrande aux murs de la prison!
Et, le front couronné d'un verdoyant feston,
Ainsi qu'un jeune époux qu'une foule empressée,
Semant de chastes fleurs le seuil du gynécée,
Vers le lit nuptial conduit après le bain,
Dans les bras de la mort menez-moi par la main!...

Qu'est-ce donc que mourir ? Briser ce noeud infâme,
Cet adultère hymen de la terre avec l'âme;
D'un vil poids, à la tombe, enfin se décharger!
Mourir n'est pas mourir, mes amis, c'est changer!
Tant qu'il vit, accablé sous le corps qu'il enchaîne,
L'homme vers le vrai bien languissamment se traîne,
Et, par ses vils besoins dans sa course arrêté,
Suit d'un pas chancelant ou perd la vérité.
Mais celui qui, touchant au terme qu'il implore,
Voit du jour éternel étinceler l'aurore,
Comme un rayon du soir remontant dans les deux,
Exilé de leur sein, remonte au sein des dieux;
Et, buvant à longs traits le nectar qui l'enivre,
Du jour de son trépas il commence de vivre!

- Mais mourir, c'est souffrir ; et souffrir est un mal.
- Amis, qu'en savons-nous ? Et quand l'instant fatal,
Consacré par le sang comme un grand sacrifice,
Pour ce corps immolé serait un court supplice,
N'est-ce pas par un mal que tout bien est produit?
L'été sort de l'hiver, le jour sort de la nuit;
Dieu lui-même a noué cette éternelle chaîne.
Nous fûmes à la vie enfantés avec peine,
Et cet heureux trépas, des faibles redouté,
N'est qu'un enfantement à l'immortalité!
Cependant de la mort qui peut sonder l'abîme?
Les dieux ont mis leur doigt sur sa lèvre sublime:
Qui sait si dans ses mains, prêtes à la saisir,
L'âme incertaine tombe avec peine ou plaisir?
Pour moi, qui vis encor, je ne sais, mais je pense
Qu'il est quelque mystère au fond de ce silence;
Que des dieux indulgents la sévère bonté
A jusque dans la mort caché la volupté,
Comme, en blessant nos coeurs de ses divines armes,
L'amour cache souvent un plaisir sous des larmes!»
L'incrédule Cébès à ce discours sourit.
«Je le saurai bientôt», dit Socrate. Il reprit:

«Oui : le premier salut de l'homme à la lumière,
Quand le rayon doré vient baiser sa paupière,
L'accent de ce qu'on aime à la lyre mêlé,
Le parfum fugitif de la coupe exhalé,
La saveur du baiser, quand de sa lèvre errante
L'amant cherche, la nuit, les lèvres de l'amante,
Sont moins doux à nos sens que le premier transport
De l'homme vertueux affranchi par la mort!
Et pendant qu'ici-bas sa cendre est recueillie,
Emporté par sa course, en fuyant il oublie
De dire même au monde un éternel adieu.
Ce monde évanoui disparaît devant Dieu!

- Mais quoi ! suffit-il donc de mourir pour revivre?
- Non ; il faut que des sens notre âme se délivre,
De ses penchants mortels triomphe avec effort;
Que notre vie enfin soit une longue mort!
La vie est le combat, la mort est la victoire,
Et la terre est pour nous l'autel expiatoire
Où l'homme, de ses sens sur le seuil dépouillé,
Doit jeter dans les feux son vêtement souillé,
Avant d'aller offrir, sur un autel propice,
De sa vie, au Dieu pur, l'aussi pur sacrifice!

Ils iront, d'un seul trait, du tombeau dans les cieux,
Joindre, où la mort n'est plus, les héros et les dieux,
Ceux qui, vainqueurs des sens pendant leur courte vie,
Ont soumis à l'esprit la matière asservie,
Ont marché sous le joug des rites et des lois,
Du juge intérieur interrogé la voix,
Suivi les droits sentiers écartés de la foule,
Prié, servi les dieux, d'où la vertu découle,
Souffert pour la justice, aimé la vérité,
Et des enfants du ciel conquis la liberté!

Mais ceux qui, chérissant la chair autant que l'âme,
De l'esprit et des sens ont resserré la trame
Et prostitué l'âme aux vils baisers du corps,
Comme Léda livrée à de honteux transports,
Ceux-là, si toutefois un dieu ne les délivre,
Même après leur trépas ne cessent pas de vivre,
Et des coupables noeuds qu'eux-même ils ont serrés
Ces mânes imparfaits ne sont pas délivrés.
Comme à ses fils impurs Arachné suspendue,
Leur âme, avec leur corps mêlée et confondue,
Cherche enfin à briser ses liens flétrissants;
L'amour qu'elle eut pour eux vit encor dans ses sens;
De leurs bras décharnés ils la pressent encore,
Lui rappellent cent fois cet hymen qu'elle abhorre,
Et, comme un air pesant qui dort sur les marais,
Leur vil poids, loin des dieux, la retient à jamais!
Ces mânes gémissants, errant dans les ténèbres,
Avec l'oiseau de nuit jettent des cris funèbres;
Autour des monuments, des urnes, des tombeaux,
De leur corps importun traînant d'affreux lambeaux,
Honteux de vivre encore, et fuyant la lumière,
A l'heure où l'innocence a fermé sa paupière,
De leurs antres obscurs ils s'échappent sans bruit,
Comme des criminels s'emparent de la nuit,
Imitent sur les flots le réveil de l'aurore,
Font courir sur les monts le pâle météore,
De songes effrayants assiégeant nos esprits,
Au fond des bois sacrés poussent d'horribles cris;
Ou, tristement assis sur le bord d'une tombe,
Et dans leurs doigts sanglants cachant leur front qui tombe,
Jaloux de leur victime, ils pleurent leurs forfaits:
Mais les âmes des bons ne reviennent jamais!»

Il se tut, et Cébès rompit seul ce silence:
«Me préservent les dieux d'offenser l'Espérance,
Cette divinité qui, semblable à l'Amour,
Un bandeau sur les yeux, nous conduit au vrai jour!
Mais puisque de ces bords comme elle tu t'envoles,
Hélas ! et que voilà tes suprêmes paroles,
Pour m'instruire, ô mon maître, et non pour t'affiiger,
Permets-moi de répondre et de t'interroger».
Socrate, avec douceur, inclina son visage,
Et Cébès en ces mots interrogea le sage:

«L'âme, dis-tu, doit vivre au delà du tombeau;
Mais si l'âme est pour nous la lueur d'un flambeau,
Quand la flamme a des sens consumé la matière,
Quand le flambeau s'éteint, que devient la lumière?
La clarté, le flambeau, tout ensemble est détruit,
Et tout rentre à la fois dans une même nuit!
Ou si l'âme est aux sens ce qu'est à cette lyre
L'harmonieux accord que notre main en tire,
Quand le temps ou les vers en ont usé le bois,
Quand la corde rompue a crié sous nos doigts,
Et que les nerfs brisés de la lyre expirante
Sont foulés-sous les pieds de la jeune bacchante,
Qu'est devenu le bruit de ces divins accords?
Meurt-il avec la lyre? et l'âme avec le corps?...»

Les sages, à ces mots, pour sonder ce mystère,
Baissant leurs fronts pensifs et regardant la terre,
Cherchaient une réponse et ne la trouvaient pas.
Se parlant l'un à l'autre, ils murmuraient tout bas:
«Quand la lyre n'est plus, où donc est l'harmonie?»
Et Socrate semblait attendre son génie.

Sur l'une de ses mains appuyant son menton,
L'autre se promenait sur le front de Phédon,
Et, sur son cou d'ivoire errant à l'aventure,
Caressait, en passant, sa blonde chevelure;
Puis, détachant du doigt un de ses longs rameaux
Qui pendaient jusqu'à terre en flexibles anneaux,
Faisait sur ses genoux flotter leurs molles ondes,
Ou dans ses doigts distraits roulait leurs tresses blondes,
Et parlait en jouant, comme un vieillard divin
Qui mêle la sagesse aux coupes d'un festin.

«Amis, l'âme n'est pas l'incertaine lumière
Dont le flambeau des sens ici-bas nous éclaire:
Elle est l'oeil immortel qui voit ce faible jour
Naître, grandir, baisser, renaître tour à tour,
Et qui sent hors de soi, sans en être affaiblie,
Pâlir et s'éclipser ce flambeau de la vie,
Pareille à l'oeil mortel qui dans l'obscurité
Conserve le regard en perdant la clarté!

L'âme n'est pas aux sens ce qu'est à cette lyre
L'harmonieux accord que notre main en tire;
Elle est le doigt divin qui seul la fait frémir,
L'oreille qui l'entend ou chanter ou gémir,
L'auditeur attentif, l'invisible génie
Qui juge, enchaîne, ordonne et règle l'harmonie,
Et qui des sons discords que rendent chaque sens
Forme au plaisir des dieux des concerts ravissants.
En vain la lyre meurt et le son s'évapore:
Sur ces débris muets l'oreille écoute encore...
Es-tu content, Cébès! - Oui, j'en crois tes adieux,
Socrate est immortel! - Eh bien! parlons des dieux!»

Et déjà le soleil était sur les montagnes,
Et, rasant d'un rayon les flots et les campagnes,
Semblait, faisant au monde un magnifique adieu,
Aller se rajeunir au sein brillant de Dieu.
Les troupeaux descendaient des sommets du Taygète;
L'ombre dormait déjà sur les flancs de l'Hymette;
Le Cithéron nageait dans un océan d'or;
Le pêcheur matinal, sur l'onde errant encor,
Modérant près du bord sa course suspendue,
Repliait, en chantant, sa voile détendue;
La flûte dans les bois, et ces chants sur les mers.
Arrivaient jusqu'à nous sur les soupirs des airs,
Et venaient se mêler à nos sanglots funèbres,
Comme un rayon du soir se fond dans les ténèbres.

Εικόνα
«Hâtons-nous, mes amis, voici l'heure du bain.
Esclaves, versez l'eau dans le vase d'airain!
Je veux offrir aux dieux une victime pure».
Il dit : et, se plongeant dans l'urne qui murmure,
Comme fait à l'autel le sacrificateur,
Il puisa dans ses mains le flot libérateur,
Et, le versant trois fois sur son front qu'il inonde,
Trois fois sur sa poitrine en fit ruisseler l'onde;
Puis, d'un voile de pourpre en essuyant les flots,
Parfuma ses cheveux, et reprit en ces mots:

«Nous oublions le Dieu pour adorer ses traces.
Me préserve Apollon de blasphémer les Grâces,
Hébé versant la vie aux célestes lambris,
Le carquois de l'Amour, ni l'écharpe d'Iris,
Ni surtout de Vénus la riante ceinture
Qui d'un noeud sympathique enchaîne la nature,
Ni l'éternel Saturne, ou le grand Jupiter,
Ni tous ces dieux du ciel, de la terre et de l'air!
Tous ces êtres peuplant l'Olympe ou l'Elysée
Sont l'image de Dieu par nous divinisée.
Des lettres de son nom sur la nature écrit,
Une ombre que ce Dieu jette sur notre esprit.
A ce titre divin ma raison les adore,
Comme nous saluons le soleil dans l'aurore;
Et peut-être qu'enfin tous ces dieux inventés,
Cet enfer et ce ciel par la lyre chantés,
Ne sont pas seulement des songes du génie,
Mais les brillants degrés de l'échelle infinie
Qui, des êtres semés dans ce vaste univers,
Sépare et réunit tous les astres divers.
Peut-être qu'en effet, dans l'immense étendue,
Dans tout ce qui se meut, une âme est répandue;
Que ces astres brillants sur nos têtes semés
Sont des soleils vivants et des feux animés;
Que l'Océan, frappant sa rive épouvantée,
Avec ses flots grondants roule une âme irritée;
Que notre air embaumé volant dans un ciel pur
Est un esprit flottant sur des ailes d'azur;
Que le jour est un oeil qui répand la lumière,
La nuit, une beauté qui voile sa paupière;
Et qu'enfin dans le ciel, sur la terre, en tout lieu,
Tout est intelligent, tout vit, tout est un dieu!

Mais, croyez-en, amis, ma voix prête à s'éteindre,
Par delà tous ces dieux que notre oeil peut atteindre,
Il est sous la nature, il est au fond des cieux,
Quelque chose d'obscur et de mystérieux
Que la nécessité, que la raison proclame,
Et que voit seulement la foi, cet oeil de l'âme!
Contemporain des jours et de l'éternité,
Grand comme l'infini, seul comme l'unité,
Impossible à nommer, à nos sens impalpable,
Son premier attribut, c'est d'être inconcevable.
Dans les lieux, dans les temps, hier, demain, aujourd'hui,
Descendons, remontons, nous arrivons à lui.
Tout ce que vous voyez est sa toute-puissance ;
Tout ce que nous pensons est sa sublime essence.
Force, amour, vérité, créateur de tout bien,
C'est le dieu de vos dieux ! c'est le seul ! c'est le mien!

- Mais le mal, dit Cébès, qui l'a créé? - Le crime.
Des coupables mortels châtiment légitime,
Sur ce globe déchu le mal et le trépas
Sont nés le même jour : Dieu ne les connait pas!
Soit qu'un attrait fatal, une coupable flamme
Ait attiré jadis la matière vers l'âme;
Soit plutôt que la vie, en des noeuds trop puissants
Resserrant ici-bas l'esprit avec les sens,
Les pénètre tous deux d'un amour adultère,
Ils ne sont réunis que par un grand mystère.
Cette horrible union, c'est le mal; et la mort,
Remède et châtiment, la brise avec effort.
Mais, à l'instant suprême où cet hymen expire,
Sur les vils éléments l'âme reprend l'empire,
Et s'envole, aux rayons de l'immortalité,
Au monde du bonheur et de la vérité!

- Connais-tu le chemin de ce monde invisible?
Dit Cébès; à ton oeil est-il donc accessible?
- Mes amis, j'en approche, et pour le découvrir...
- Que faut-il? dit Phédon. - Etre pur et mourir.
Dans un point de l'espace inaccessible aux hommes,
Peut-être au ciel, peut-être aux lieux même où nous sommes
Il est un autre monde, un Elysée, un ciel,
Que ne parcourent pas de longs ruisseaux de miel,
Où les Ames des bons, de Dieu seul altérées,
D'un nectar éternel ne sont pas enivrées,
Mais où les mânes saints, les immortels esprits,
De leurs corps immolés vont recevoir le prix.
Ni la sombre Tempé, ni le riant Ménale
Qu'enivre de parfums l'haleine matinale,
Ni les vallons d'Hémus, ni ces riches coteaux
Qu'enchante l'Eurotas du murmure des eaux,
Ni cette terre enfin des poètes chérie
Qui fait aux voyageurs oublier leur patrie,
N'approchent pas encor du fortuné séjour
Où le regard de Dieu donne aux âmes le jour,
Où jamais dans la nuit ce jour divin n'expire,
Où la vie et l'amour sont l'air qu'elle respire,
Où des corps immortels ou toujours renaissants
Pour d'autres voluptés lui prêtent d'autres sens.

- Quoi! des corps dans le ciel? la mort avec la vie?
- Oui, des corps transformés que l'âme glorifie!
L'âme, pour composer ces divins vêtements,
Cueille en tout l'univers la fleur des éléments;
Tout ce qu'ont de plus pur la vie et la matière,
Les rayons transparents de la douce lumière,
Les reflets nuancés des plus tendres couleurs,
Les parfums que le soir enlève au sein des fleurs,
Les bruits harmonieux que l'amoureux Zéphire
Tire, au sein de la nuit, de l'onde qui soupire,
La flamme qui s'exhale en jets d'or et d'azur,
Le cristal des ruisseaux roulant dans un ciel pur,
La pourpre dont l'aurore aime à teindre ses voiles,
Et les rayons dormants des tremblantes étoiles,
Réunis et formant d'harmonieux accords,
Se mêlent sous ses doigts et composent son corps;
Et l'âme, qui jadis esclave sur la terre
A ses sens révoltés faisait en vain la guerre,
Triomphante aujourd'hui de leurs voeux impuissants,
Règne avec majesté sur le monde des sens,
Pour des plaisirs sans fin, sans fin les multiplie,
Et joue avec l'espace et les temps et la vie!

Tantôt, pour s'envoler où l'appelle un désir,
Elle aime à parfumer les ailes d'un zéphyr,
D'un rayon de l'iris en glissant les colore
Et du ciel aux enfers, du couchant à l'aurore,
Comme une abeille errante, elle court en tout lieu
Découvrir et baiser les ouvrages de Dieu.
Tantôt au char brillant que l'aurore lui prête
Elle attelle un coursier qu'anime la tempête;
Et, dans ces beaux déserts de feux errants semés,
Cherchant ces grands esprits qu'elle a jadis aimés,
De soleil en soleil, de système en système,
Elle vole et se perd avec l'âme qu'elle aime,
De l'espace infini suit les vastes détours,
Et dans le sein de Dieu se retrouve toujours!

L'âme, pour soutenir sa céleste nature,
N'emprunte pas des corps sa chaste nourriture;
Ni le nectar coulant de la coupe d'Hébé,
Ni le parfum des fleurs par le vent dérobé,
Ni la libation en son honneur versée,
Ne sauraient nourrir l'âme: elle vit de pensée,
De désirs satisfaits, d'amour, de sentiments,
De son être immortel immortels aliments.
Grâce à ces fruits divins que le ciel multiplie,
Elle soutient, prolonge, éternise sa vie,
Et peut, par la vertu de l'éternel amour,
Multiplier son être, et créer à son tour!

Car, ainsi que les corps, la pensée est féconde.
Un seul désir suffit pour peupler tout un monde;
Et, de même qu'un son par l'écho répété,
Multiplié sans fin, court dans l'immensité,
Ou comme en s'étendant l'éphémère étincelle
Allume sur l'autel une flamme immortelle,
Ainsi ces êtres purs l'un vers l'autre attirés,
De l'amour créateur constamment pénétrés,
A travers l'infini se cherchent, se confondent,
D'une éternelle étreinte, en s'aimant, se fécondent,
Et, des astres déserts peuplant les régions,
Prolongent dans le ciel leurs générations.
O célestes amours ! saints transports ! chaste flamme!
Baisers où sans retour l'âme se mêle à l'âme,
Où l'éternel désir et la pure beauté
Poussent en s'unissant un cri de volupté!
Si j'osais!...» Mais un bruit retentit sous la voûte.
Le sage interrompu tranquillement écoute;
Et nous, vers l'occident nous tournons tous les yeux:
Hélas! c'était le jour qui s'enfuyait des cieux!

Εικόνα
En détournant les yeux, le serviteur des Onze
Lui tendait le poison dans la coupe de bronze;
Socrate la reçut d'un front toujours serein,
Et, comme un don sacré l'élevant dans sa main,
Sans suspendre un moment sa phrase commencée,
Avant de la vider, acheva sa pensée.
Sur les flancs arrondis du vase au large bord,
Qui jamais de son sein ne versait que la mort,
L'artiste avait fondu sous un souffle de flamme
L'histoire de Psyché, ce symbole de l'âme;
Et, symbole plus doux de l'immortalité,
Un léger papillon en ivoire sculpté,
Plongeant sa trompe avide en ces ondes mortelles,
Formait l'anse du vase en déployant ses ailes.
Psyché, par ses parents dévouée à l'Amour,
Quittant avant l'aurore un superbe séjour,
D'une pompe funèbre allait environnée
Tenter comme la mort ce divin hyménée;
Puis, seule, assise, en pleurs, le front sur ses genoux,
Dans un désert affreux attendait son époux.
Mais, sensible à ses maux, le volage Zéphire,
Comme un désir divin que le ciel nous inspire,
Essuyant d'un soupir les larmes de ses yeux,
Dormante sur son sein l'enlevait dans les cieux:
On voyait son beau front penché sur son épaule
Livrer ses longs cheveux aux doux baisers d'Eole;
Et Zéphyr, succombant sous son charmant fardeau,
Lui former de ses bras un amoureux berceau,
Effleurer ses longs cils de sa brûlante haleine,
Et, jaloux de l'Amour, la lui rendre avec peine.

Ici, le tendre Amour sur des roses couché
Pressait entre ses bras la tremblante Psyché,
Qui, d'un secret effroi ne pouvant se défendre,
Recevait ses baisers sans oser les lui rendre;
Car le céleste époux, trompant son tendre amour,
Toujours du lit sacré fuyait avec le jour.
Plus loin, par le désir en secret éveillée
Et du voile nocturne à demi dépouillée,
Sa lampe d'une main et de l'autre un poignard,
Psyché, risquant l'amour, hélas ! contre un regard,
De son époux qui dort tremblant d'être entendue,
Se pencbait vers le lit, sur un pied suspendue,
Reconnaissait l'Amour, jetait un cri soudain,
Et l'on voyait trembler la lampe dans sa main.

Mais de l'huile brûlante une goutte épanchée,
S'échappant par malheur de la lampe penchée,
Tombait sur le sein nu de l'amant endormi;
L'Amour impatient, s'éveillant à demi,
Contemplait tour à tour ce poignard, cette goutte...
Et fuyait indigné vers la céleste voûte!
Emblème menaçant des désirs indiscrets
Qui profanent les dieux, pour les voir de trop près!
La vierge cette fois errante sur la terre
Pleurait son jeune amant, et non plus sa misère:
Mais l'Amour à la fin, de ses larmes touché,
Pardonnait à sa faute ; et l'heureuse Psyché,
Par son céleste époux dans l'Olympe ravie,
Sur les lèvres du dieu buvant des flots de vie,
S'avançait dans le ciel avec timidité;
Et l'on voyait Vénus sourire à sa beauté!
Ainsi par la vertu l'âme divinisée
Revient, égale aux dieux, régner dans l'Elysée!

Εικόνα
Mais Socrate, élevant la coupe dans ses mains:
«Offrons, offrons d'abord aux maîtres des humains
De l'immortalité cette heureuse prémice!»
Il dit ; et vers la terre inclinant le calice,
Comme pour épargner un nectar précieux,
En versa seulement deux gouttes pour les dieux,
Et, de sa lèvre avide approchant le breuvage,
Le vida lentement sans changer de visage,
Comme un convive avant de sortir d'un festin
Qui dans sa coupe d'or verse un reste de vin,
Et, pour mieux savourer le dernier jus qu'il goûte,
L'incline lentement et le boit goutte à goutte.
Puis, sur son lit de mort doucement étendu,
Il reprit aussitôt son discours suspendu.

«Espérons dans les dieux, et croyons en notre âme!
De l'amour dans nos coeurs alimentons la flamme!
L'amour est le lien des dieux et des mortels;
La crainte ou la douleur profanent leurs autels.
Quand vient l'heureux signal de notre délivrance,
Amis, prenons vers eux le vol de l'espérance!
Point de funèbre adieu! point de cris! point de pleurs!
On couronne ici-bas la victime de fleurs;
Que de joie et d'amour notre âme couronnée
S'avance au-devant d'eux comme à son hyménée!
Ce sont là les festons, les parfums précieux,
Les voix, les instruments, les chants mélodieux,
Dont l'âme convoquée à ce banquet suprême,
Avant d'aller aux dieux, doit s'enchanter soi-même.

Relevez donc ces fronts que l'effroi fait pâlir!
Ne me demandez plus s'il faut m'ensevelir,
Sur ce corps qui fut moi quelle huile on doit répandre,
Dans quel lieu, dans quelle urne il faut garder ma cendre.
Qu'importe à vous, à moi, que ce vil vêtement
De la flamme ou des vers devienne l'aliment?
Qu'une froide poussière, à moi jadis unie,
Soit balayée aux flots ou bien aux gémonies?
Ce corps vil, composé des éléments divers,
Ne sera pas plus moi qu'une vague des mers,
Qu'une feuille des bois que l'aquilon promène,
Qu'un atonie flottant qui fut argile humaine,
Que le feu du bûcher dans les airs exhalé,
Ou le sable mouvant de vos chemins foulé!
Mais je laisse en partant à cette terre ingrate
Un plus noble débris de ce que fut Socrate:
Mon génie à Platon, à vous tous mes vertus,
Mon âme aux justes dieux, ma vie à Mélitus,
Comme au chien dévorant qui sur le seuil aboie,
En quittant le festin, on jette aussi sa proie !...»

Tel qu'un triste soupir de la rame et des flots
Se mêle sur les mers aux chants des matelots,
Pendant cet entretien une funèbre plainte
Accompagnait sa voix sur le seuil de l'enceinte;
Hélas ! c'était Myrto demandant son époux,
Que l'heure des adieux ramenait parmi nous.
L'égarement troublait sa démarche incertaine;
Et, suspendus aux plis de sa robe qui traîne,
Deux enfants, les pieds nus, marchant à ses côtés,
Suivaient en chancelant ses pas précipités.
Avec ses longs cheveux elle essuyait ses larmes;
Mais leur trace profonde avait flétri ses charmes;
Et la mort sur ses traits répandait sa pâleur:
On eût dit qu'en passant l'impuissante douleur,
Ne pouvant de Socrate atteindre la grande âme,
Avait respecté l'homme et profané la femme !
De terreur et d'amour saisie à son aspect,
Elle pleurait sur lui dans un tendre respect.
Telle, aux fêtes du dieu pleuré par Cythérée,
Sur le corps d'Adonis la bacchante éplorée,
Partageant de Vénus les divines douleurs,
Réchauffe tendrement le marbre de ses pleurs,
De sa bouche muette avec respect l'effleure,
Et paraît adorer le beau dieu qu'elle pleure!

Socrate, en recevant ses enfants dans ses bras,
Baisa sa joue humide et lui parla tout bas:
Nous vîmes une larme, et ce fut la dernière,
Sous ses cils abaissés rouler dans sa paupière.
Puis d'un bras défaillant offrant ses fils aux dieux:
«Je fus leur père ici, vous l'êtes dans les cieux!
Je meurs, mais vous vivez! Veillez sur leur enfance !
Je les lègue, ô dieux bons, à votre providence!...»

Mais déjà le poison dans ses veines versé
Enchaînait dans son cours le flot du sang glacé:
On voyait vers le coeur, comme une onde tarie,
Remonter pas à pas la chaleur et la vie,
Et ses membres roidis, sans force et sans couleur,
Du marbre de Paros imitaient la pâleur.
En vain Phédon, penché sur ses pieds qu'il embrasse,
Sous sa brûlante haleine en réchauffait la glace;
Son front, ses mains, ses pieds se glaçaient sous nos doigts:
Il ne nous restait plus que son âme et sa voix!
Semblable au bloc divin d'où sortit Galatée
Quand une âme immortelle à l'Olympe empruntée,
Descendant dans le marbre à la voix d'un amant,
Fait palpiter son coeur d'un premier sentiment,
Et qu'ouvrant sa paupière au jour qui vient d'éclore,
Elle n'est plus un marbre, et n'est pas femme encore.

Etait-ce de la mort la pâle majesté,
Ou le premier rayon de l'immortalité?
Mais son front rayonnant d'une beauté sublime
Brillait comme l'aurore aux sommets de Didyme,
Et nos yeux, qui cherchaient à saisir son adieu,
Se détournaient de crainte et croyaient voir un dieu!
Quelquefois, l'oeil au ciel, il rêvait en silence;
Puis, déroulant les flots de sa sainte éloquence,
Comme un homme enivré du doux jus du raisin,
Brisant cent fois le fil de ses discours sans fin,
Ou comme Orphée errant dans les demeures sombres,
En mots entrecoupés il parlait à des ombres:
«Courbez-vous, disait-il, cyprès d'Académus!
Courbez-vous, et pleurez, vous ne le verrez plus!
Que la vague, en frappant le marbre du Pirée,
Jette avec son écume une voix éplorée!
Les dieux l'ont rappelé; ne le savez-vous pas?...
Mais ses amis en deuil, où portent-ils leurs pas?
Voilà Platon, Cébès, ses enfants et sa femme!
Voilà son cher Phédon, cet enfant de son âme!
Ils vont d'un pas furtif, aux lueurs de Phébé,
Pleurer sur un cercueil aux regards dérobé,
Et, penchés sur mon urne, ils paraissent attendre
Que la voix qu'ils aimaient sorte encor de ma cendre.
Oui, je vais vous parler, amis, comme autrefois,
Quand penchés sur mon lit vous aspiriez ma voix...
Mais que ce temps est loin! et qu'une courte absence
Entre eux et moi, grands dieux, a jeté de distance!
Vous qui cherchez si loin la trace de mes pas,
Levez les yeux, voyez!... Ils ne m'entendent pas.
Pourquoi ce deuil? Pourquoi ces pleurs dont tu t'inondes?
Epargne au moins, Myrto, tes longues tresses blondes;
Tourne vers moi tes yeux de larmes essuyés:
Myrto, Platon, Cébès, amis!... si vous saviez ...

Oracles, taisez-vous ! tombez, voix du Portique!
Fuyez, vaines lueurs de la sagesse antique!
Nuages colorés d'une fausse clarté,
Evanouissez-vous devant la vérité!
D'un hymen ineffable elle est prête d'éclore;
Attendez... Un, deux, trois..., quatre siècles encore,
Et ses rayons divins qui partent des déserts
D'un éclat immortel rempliront l'univers!
Et vous, ombres de Dieu qui nous voilez sa face,
Fantômes imposteurs qu'on adore à sa place,
Dieux de chair et de sang, dieux vivants, dieux mortels,
Vices déifiés sur d'immondes autels,
Mercure aux ailes d'or, déesse de Cythère,
Qu'adorent impunis le vol et l'adultère;
Vous tous, grands et petits, race de Jupiter,
Qui peuplez, qui souillez les eaux, la terre et l'air,
Encore un peu de temps, et votre auguste foule,
Roulant avec l'erreur de l'Olympe qui croule,
Fera place au Dieu saint, unique, universel,
Le seul Dieu que j'adore et qui n'a point d'autel!...

Quels secrets dévoilés! quelle vaste harmonie!...
Mais qui donc étais-tu, mystérieux génie,
Toi qui, voilant toujours ton visage à mes yeux,
M'as conduit par la voix jusqu'aux portes des cieux?
Toi qui, m'accompagnant comme un oiseau fidèle,
Caresse encor mon front du doux vent de ton aile,
Es-tu quelque Apollon de ce divin séjour,
Ou quelque beau Mercure envoyé par l'Amour?
Tiens-tu l'arc, ou la lyre, ou l'heureux caducée?
Ou n'es-tu, réponds-moi, qu'une simple pensée?
Ah ! viens, qui que tu sois, esprit, mortel ou dieu!
Avant de recevoir mon éternel adieu,
Laisse-moi découvrir, laisse-moi reconnaître
Cet ami qui m'aima même avant que de naître!
Que je puisse, en touchant au terme du chemin,
Rendre grâce à mon guide et pleurer sur sa main!
Sors du voile éclatant qui te dérobe encore!
Approche!... Mais que vois-je? O Verbe que j'adore,
Rayon coéternel, est-ce vous que je vois?...
Voilez-vous, ou je meurs une seconde fois!

Heureux ceux qui naîtront dans la sainte contrée
Que baise avec respect la vague d'Erythrée!
Ils verront, les premiers, sur leur pur horizon,
Se lever au matin l'astre de la raison.
Amis, vers l'orient tournez votre paupière:
La vérité viendra d'où nous vient la lumière!
Mais qui l'apportera?... C'est toi, Verbe conçu!
Toi, qu'à travers les temps mes yeux ont aperçu;
Toi, dont par l'avenir la splendeur réfléchie
Vient m'éclairer d'avance au sommet de la vie.
Tu viens! tu vis! tu meurs d'un trépas mérité!
Car la mort est le prix de toute vérité.
Mais ta voix expirante en ce monde entendue,
Comme la mienne, au moins, ne sera pas perdue.
La voix qui vient du ciel n'y remontera pas;
L'univers assoupi t'écoute et fait un pas;
L'énigme du destin se révèle à la terre.
Quoi! j'avais soupçonné ce sublime mystère!
Nombre mystérieux! profonde trinité!
Triangle composé d'une triple unité!
Les formes, les couleurs, les sons, les nombres même,
Tout me cachait mon Dieu, tout était son emblème!
Mais les voiles enfin pour moi sont révolus;
Ecoutez!...»
........ Il parlait : nous ne l'entendions plus.

Cependant dans son sein son haleine oppressée
Trop faible pour prêter des sons à sa pensée,
Sur sa lèvre entr'ouverte, hélas! venait mourir,
Puis semblait tout à coup palpiter et courir:
Comme, prêt à s'abattre aux rives paternelles,
D'un cygne qui se pose on voit battre les ailes;
Entre les bras d'un songe il semblait endormi.
L'intrépide Cébès penché sur notre ami,
Rappelant dans ses yeux l'âme qui s'évapore,
Jusqu'au bord du trépas l'interrogeait encore:
«Dors-tu? lui disait-il; la mort, est-ce un sommeil?»
Il recueillit sa force, et dit: «C'est un réveil!
- Ton oeil est-il voilé par des ombres funèbres?
- Non! je vois un jour pur poindre dans les ténèbres.
- N'entends-tu pas des cris, des gémissements? - Non;
- Non! J'entends des astres d'or qui murmurent un nom!
- Que sens-tu? - Ce que sent la jeune chrysalide
Quand, livrant à la terre une dépouille aride,
Aux rayons de l'aurore ouvrant ses faibles yeux,
Le souffle du matin la roule dans les cieux.
- Ne nous trompais-tu pas? réponds: l'âme était-elle...?
- Croyez-en ce sourire, elle était immortelle !...
- De ce monde imparfait qu'attends-tu pour sortir?
- J'attends, comme la nef, un souffle pour partir.
- D'où viendra-t-il? - Du ciel. - Encore une parole...
- Non; laisse en paix mon âme, afin qu'elle s'envole!»

Il dit, ferma les yeux pour la dernière fois,
Et resta quelque temps sans haleine et sans voix.
Un faux rayon de vie errant par intervalle
D'une pourpre mourante éclairait son front pâle:
Ainsi, dans un soir pur de l'arrière-saison,
Quand déjà le soleil a quitté l'horizon,
Un rayon oublié des ombres se dégage,
Et colore en passant les flancs d'or d'un nuage.
Enfin plus librement il sembla respirer,
Et laissant sur ses traits son doux sourire errer:
«Aux dieux libérateurs, dit-il, qu'on sacrifie!
Ils m'ont guéri! - De quoi? dit Cébès.
- De la vie!»... Puis un léger soupir de ses lèvres coula,
Aussi doux que le vol d'une abeille d'Hybla.
Etait-ce... Je ne sais; mais, pleins d'un saint dictame,
Nous sentîmes en nous comme une seconde âme!...

Comme un lis sur les eaux et que la rame incline,
Sa tête mollement penchait sur sa poitrine;
Ses longs cils, que la mort n'a fermés qu'à demi,
Retombant en repos sur son oeil endormi,
Semblaient comme autrefois, sous leur ombre abaissée,
Recueillir le silence ou voiler la pensée.
La parole surprise en son dernier essor
Sur sa lèvre entr'ouverte, hélas! errait encor,
Et ses traits, où la vie a perdu son empire,
Etaient comme frappés d'un éternel sourire...
Sa main, qui conservait son geste habituel,
De son doigt étendu montrait encor le ciel.
Et quand le doux regard de la naissante aurore,
Dissipant par degrés les ombres qu'il colore,
Comme un phare allumé sur un sommet lointain,
Vint dorer son front mort des ombres du matin,
On eût dit que Vénus, d'un deuil divin suivie,
Venait pleurer encor sur son amant sans vie;
Que la triste Phébé de son pâle rayon
Caressait, dans la nuit, le sein d'Endymion;
Ou que du haut du ciel l'âme heureuse du sage
Revenait contempler le terrestre rivage,
Et, visitant de loin le corps qu'elle a quitté,
Réfléchissait sur lui l'éclat de sa beauté,
Comme un astre bercé dans un ciel sans nuage
Aime à voir dans les flots briller sa chaste image.

On n'entendait autour ni plainte, ni soupir!...
C'est ainsi qu'il mourut, si c'était là mourir!

Εικόνα
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
~ Illustrations de G. Ripart, Editions Maurice Glomeau, Paris (1925).
Εἶμαι ὁ μεσιὲ Κλινοηδυεπὴς
ὡραῖος, ὀλέθριος.
Καί, ἡ τελευταία λέξη τῆς κλιν'-ἐρασμιότητος: :klino:
Περᾶστε τὸ ποντίκι σας πάνω στὴν εἰκόνα, τίποτ' ἄλλο δὲν σᾶς λέω!
Άβαταρ μέλους
ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ
Extreme poster
 
Δημοσ.: 31546
Εγγραφη: Ιανουάριος 31st, 2008, 11:31 pm
Τοποθεσια: Κλινοηδυεπὲς ΠαραΓατιανὸν ἀθηναϊκὸν κλεινὸν τέρας. Κλινοχαρής ἐπωνομασθεὶς Οἰδίνους!
Το μέλος ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ, σύμφωνα με τους όρους χρήσης που αποδέχτηκε κατά την εγγραφή του, φέρει την αποκλειστική ευθύνη της παραπάνω δημοσίευσης, των απόψεων/θέσεων που εκφράζονται μέσω αυτής, καθώς και την επιλογή συνδέσμων που τυχόν συμπεριλαμβάνονται. Για άμεση επικοινωνία με τον διαχειριστή του phorum.gr στο email: admin(@)phorum.gr

Re:Ἀγαπημένα μας γαλλικά, φίλοι τῶν γαλλικῶν.Français chéri.

Δημοσίευσηαπό ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ » Μάρτιος 1st, 2016, 6:27 pm

Γιὰ ὅλους!
==
"Le banquet"/ "Συμπόσιον" de Platon/Πλάτωνος,
téléfilm français - traduit en grec par Hélène Kémiktsi. Γαλλικὴ ταινία μὲ ἑλληνικοὺς ὑποτίτλους.
==== https://www.youtube.com/watch?v=c6s1BnI_R9E
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Το μέλος ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ, σύμφωνα με τους όρους χρήσης που αποδέχτηκε κατά την εγγραφή του, φέρει την αποκλειστική ευθύνη της παραπάνω δημοσίευσης, των απόψεων/θέσεων που εκφράζονται μέσω αυτής, καθώς και την επιλογή συνδέσμων που τυχόν συμπεριλαμβάνονται. Για άμεση επικοινωνία με τον διαχειριστή του phorum.gr στο email: admin(@)phorum.gr

Re:Ἀγαπημένα μας γαλλικά, φίλοι τῶν γαλλικῶν. Français chéri

Δημοσίευσηαπό ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ » Μάρτιος 5th, 2016, 11:18 am

Γιὰ ὅλους:
====
Σὰν αὔριο, 6 Μαρτίου 1619, στὸ Παρίσι, (...ἄσε τὸ πότε πέθανε, ποτέ! - τὸ 1655),

Εικόνα. βαπτίστηκε (...ἔ, κάπου μιὰ-δυὸ μέρες, τρεῖς, πιὸ πρίν, θὰ γεννήθηκε)
Savinien de Cyrano de Bergerac, 1.
Savinien de Cyrano, dit de Bergerac, baptisé le 6 mars 1619 en l'église Saint-Sauveur...
36 χρονων πέθανε - μεγάλη ἀτυχία.
~~
Καὶ δύο ἀτυχίες δικές μου:
* Τὸ 1976, ἤθελα νὰ δώσω ἀπολυτήριες ἐξετάσεις, στὴν Δραματικὴ Σχολή, ὡς "Συρανὸ" (τοῦ Ἐντμὸν Ροαστάν),
ἀλλὰ δὲν ὑπῆρχαν τόσοι πολλοὶ συμμαθητὲς νὰ μὲ περιβάλλουν. Καὶ ἔδωσα μὲ "Κατὰ φαντασίαν ἀσθενῆ" (δὲν
μοῦ ἔπεσε...καὶ λίγος).

Εικόνα
* Τὸ 1982, συμφωνήσαμε μὲ τὶς ἐκδόσεις "Στοχαστής" (τελικὰ ἐκδόθηκε ἀπὸ τὸν "Αἴολο") νὰ μεταφράσω τὸ "Τα-
ξεῖδι στὴν Σελήνη" καὶ τὶς " Ἐπιστολὲς" τοῦ πραγματικοῦ Στρανό (καημὸ τὸ εἶχα). Ἀλλά, ἀργά, τὸ ἴδιο ἐκεῖνο κα-
ταραμένο βράδυ, καθιερώθηκε τὸ μονοτονικὸ σύστημα γραφῆς στὰ ἑλληνικά.

Εικόνα
.Ὑπέκυψα γιὰ 5 χρόνια, ὥσπου κατάλαβα τὸ ἔγκλημα. .Ἔ, νὰ μὴ βγάλω σήμερα τὸ ἆχτι μου;
==
ΕικόναΕικόνα - Cyrano montant à la Lune, (gravure de 1709).
==
Εικόνα * Πῶς ὁ ἴδιος, μὲ τὴν πέννα τοῦ Ἐνμὸν Ροστὰν, .Εικόνα. μά-
χεται καὶ ξιφασκεῖ γιὰ...τὴν τιμὴ τῆς μεγάλης μύτης του!
Cyrano de Bergerac
La tirade des nez (acte 1, scène 4).
CYRANO:
Ah! Non! C'est un peu court, jeune homme!
On pouvait dire... oh! Dieu! ... bien des choses en somme...
En variant le ton, —par exemple, tenez:
Agressif: «moi, monsieur, si j'avais un tel nez,
Il faudrait sur le champ que je me l'amputasse!»
Amical: «mais il doit tremper dans votre tasse:
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap!»
Descriptif: «c'est un roc! ... c'est un pic... c'est un cap!
Que dis-je, c'est un cap? ... c'est une péninsule!»
Curieux: «de quoi sert cette oblongue capsule?
D'écritoire, monsieur, ou de boîte à ciseaux?»
Gracieux : «aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes? »
Truculent: «ça, monsieur, lorsque vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée?»
Prévenant: «gardez-vous, votre tête entraînée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol!»
Tendre: «faites-lui faire un petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane!»
Pédant: «l'animal seul, monsieur, qu'Aristophane
Appelle hippocampelephantocamélos
Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d'os!»
Cavalier: «quoi, l'ami, ce croc est à la mode?
Pour pendre son chapeau c'est vraiment très commode!»
Emphatique: «aucun vent ne peut, nez magistral,
T'enrhumer tout entier, excepté le mistral!»
Dramatique: «c'est la Mer Rouge quand il saigne!»
Admiratif: «pour un parfumeur, quelle enseigne!»
Lyrique: «est-ce une conque, êtes-vous un triton?»
Naïf: «ce monument, quand le visite-t-on?»
Respectueux: «souffrez, monsieur, qu'on vous salue,
C'est là ce qui s'appelle avoir pignon sur rue!»
Campagnard: «hé, ardé! C'est-y un nez? Nanain!
C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain!»
Militaire: «pointez contre cavalerie!»
Pratique: «voulez-vous le mettre en loterie?
Assurément, monsieur, ce sera le gros lot!»
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot:
«Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l'harmonie! Il en rougit, le traître!»
—Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit:
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n'avez que les trois qui forment le mot: sot!
Eussiez-vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve.
~~
Εὐτυχὴς ὅποιος θεατρόφιλος ξέρει καλὰ γαλλικά.
Εὐτυχὴς καὶ ὅποιος ἔστω μόνον δοκιμάστηκε, σ' αὐτὸν τὸν Μονόλογο, στὴν μετάφραση Βασίλη Ρώτα,
ἀπὸ τὸν "Συρανὸ" τοῦ Ροστάν:
Εικόνα
Τελευταία επεξεργασία απο ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ την Μάρτιος 5th, 2016, 5:16 pm, επεξεργάστηκε 1 φορές συνολικά.
Εἶμαι ὁ μεσιὲ Κλινοηδυεπὴς
ὡραῖος, ὀλέθριος.
Καί, ἡ τελευταία λέξη τῆς κλιν'-ἐρασμιότητος: :klino:
Περᾶστε τὸ ποντίκι σας πάνω στὴν εἰκόνα, τίποτ' ἄλλο δὲν σᾶς λέω!
Άβαταρ μέλους
ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ
Extreme poster
 
Δημοσ.: 31546
Εγγραφη: Ιανουάριος 31st, 2008, 11:31 pm
Τοποθεσια: Κλινοηδυεπὲς ΠαραΓατιανὸν ἀθηναϊκὸν κλεινὸν τέρας. Κλινοχαρής ἐπωνομασθεὶς Οἰδίνους!
Το μέλος ΚΛΙΝΟΣΟΦΙΣΤΗΣ, σύμφωνα με τους όρους χρήσης που αποδέχτηκε κατά την εγγραφή του, φέρει την αποκλειστική ευθύνη της παραπάνω δημοσίευσης, των απόψεων/θέσεων που εκφράζονται μέσω αυτής, καθώς και την επιλογή συνδέσμων που τυχόν συμπεριλαμβάνονται. Για άμεση επικοινωνία με τον διαχειριστή του phorum.gr στο email: admin(@)phorum.gr

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